Brahim Ghali, chef des séparatistes : Le Polisario en très mauvais État

Juste après la résolution- couperet du Conseil de sécurité adoptant le plan marocain d’autonomie pour le Sahara, le chef  du Polisario Brahim est venu se confier au Canard en titubant, tellement le choc était rude…


Propos recueillis par Laila Lamrani

La nouvelle résolution du Conseil de sécurité du 31 octobre 2025 consacre le plan d’autonomie marocain comme seule base sérieuse et crédible. Un commentaire à chaud ?

Oui, très chaud. Brûlant même. On aurait préféré un bain nordique. Le Conseil nous a clairement glissé un tapis… mais pas volant. Un tapis bien secoué.

Vous parlez de « trahison » de la communauté internationale ?

Trahison ? Non, non… disons plutôt qu’on commence à comprendre ce que « réalisme » et « pragmatisme » veulent dire quand on n’est pas dans le camp du réalisme ni du pragmatisme.

Le rêve d’un État indépendant est-il définitivement enterré ?

On ne dit plus « indépendance », on dit « souvenir émotionnel collectif ». C’est plus tendance. Et bientôt, on déposera une demande d’asile idéologique définitif  auprès des autorités de Tindouf.

Et l’Algérie, votre soutien indéfectible et sponsor officiel, que vous dit-elle ?

Elle nous soutient toujours comme la corde le pendu… mais à distance prudentielle désormais. C’est un peu comme un abonnement satellite : tu captes bien au début, puis après ça pixelise.

Que répondez-vous à ceux qui affirment  que le projet d’autonomie est une solution viable et inclusive ?

Qu’on n’a pas encore bien lu la résolution… parce qu’on a perdu nos lunettes dans le tsunami  diplomatique qui a emporté notre belle chimère.

Certains évoquent la possibilité que le Polisario proclame un État… non pas au Sahara, mais à Tindouf, comme ultime geste de « générosité » algérienne. Un plan B ?

Ah ! L’idée fait son chemin. On envisage une République de Tindouf libre, sablonneuse et éternellement assistée. On aurait notre capitale, notre hymne et même une ambassade dans le couloir 3 de l’hôtel El-Djazair à Alger.

Et la reconnaissance internationale ?

Déjà trois promesses fermes : le syndicat des chameaux de Béchar, une association d’étudiants cubains en errance, et un groupe Facebook nostalgique des utopies des années 70.

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