L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été libéré ce mercredi 12 novembre 2025 après avoir passé près d’un an en détention à Alger. Sa grâce présidentielle intervient suite à une médiation diplomatique discrète du président allemand, qui a plaidé publiquement pour sa libération. Cette décision intervient dans un contexte de pression internationale croissante sur l’Algérie affaiblie par son isolement diplomatique sans précédent. À force de tirer sur toutes les ficelles idéologiques d’un autre âge , le régime algérien a fini par se prendre les bottes dans le tapis de son déphasage inouï…
Après la gifle de la résolution 2797 du Conseil de sécurité – qui fait du plan d’autonomie pour le Sahara marocain la seule base de règlement – le régime algérien n’a jamais connu un tel niveau de désarroi, qui plus est sans parachute russe, ni matelas chinois. Dans ce naufrage diplomatique et géopolitique de grande ampleur, l’affaire Boualem Sansal n’est qu’un symptôme : l’écrivain, jeté injustement en prison depuis novembre 2024 devenu otage d’un régime qui ne sait plus s’il doit faire bonne figure devant Berlin qui exige poliment sa libération ou bomber le torse devant ses propres caporaux. Même la grâce présidentielle – un geste simple dans un État normal – est devenue une patate brûlante : trop chaude pour une diplomatie à terre , trop molle pour une armée déstabilisée. Entre accepter d’accorder la grâce pour Sansal pour calmer Berlin ou s’entêter et risquer le coup de grâce, le choix pour le régime algérien s’est vite imposé : un geste en apparence humanitaire, en réalité un aveu de faiblesse. Quand le courage manque, on emballe la capitulation dans du papier diplomatique.
La Russie, embourbée dans sa guerre contre l’Ukraine, ne prend même plus les appels d’El Mouradia. La Chine, qui parle business, a choisi de miser sur le Maroc et sa stabilité plutôt que sur un voisin complètement à l’ouest qui confond diplomatie et esbroufe. Et l’Europe ? Elle envoie des notes, demande des gestes humanitaires… et regarde Alger se noyer dans ses outrances en série. Résultat : le régime, privé de ses repères idéologiques mensongers, tourne en rond dans le désert. Il brandit encore le vieux slogan anti-impérialiste, mais il n’y croit plus. Il parle de souveraineté, mais attend les instructions du haut commandement. Et il garde Boualem Sansal derrière les barreaux , parce qu’en libérant un intellectuel, on pourrait libérer une idée. Et ça, c’est dangereux. Lorsque même le locataire du Kremlin et les fins stratèges de Pékin vous lâchent, il ne reste plus qu’à demander l’asile… à Oujda !
Sansal, coupable d’avoir dit… la vérité
Dans l’Algérie de Tebboune-Shangriha, il y a des choses qu’on ne dit pas. Par exemple, que le Sahara oriental est marocain. Ou que l’Algérie n’a jamais été un royaume, un empire ou même un État avant que la France n’y plante ses piquets en 1830. Boualem Sansal, lui, l’a dit. En France. À la télé. Et avec des mots lucides et sans équivoque. Résultat ? Arrêté. Jugé. Condamné. Non pas pour avoir menti, mais pour avoir levé le voile sur un mythe national entretenu à coups de propagande et de manuels d’histoire remaniés à la kalachnikov. Le vrai crime de Sansal, c’est d’avoir rappelé que le Maroc a une histoire millénaire, une souveraineté assumée , et des racines bien plus profondes que les frontières tracées au compas colonial. Ce rappel n’a pas seulement blessé l’ego du régime, il a réveillé un complexe historique jamais digéré. Car en Algérie, il est plus acceptable de créer héberger un mouvement séparatiste pour nuire à son voisin que d’entendre un intellectuel parler d’histoire avec des faits têtus.. Dans un pays où la « rente mémorielle » a été érigée en stratégie de pouvoir , Sansal n’est pas un condamné, c’est un témoin gênant. Un homme dont la liberté fait vaciller un régime anachronique bâti sur le complexe, le refoulé et la mystification.








