Au Maroc, chaque averse est une bénédiction… et une inspection gratuite. Si elle réjouit les agriculteurs, la pluie fait trembler certains entrepreneurs du BTP : chaussées effondrées, routes transformées en piscines et nids-de-poule en série. Quand la météo joue les contrôleurs de travaux non conformes…
On aime la pluie. On prie Dieu pour l’avoir, on la célèbre, et on la redoute aussi. Pas seulement à cause des inondations, non. Mais parce qu’elle agit comme un scanner géant, révélant en quelques gouttes les défaillances de la voirie, les raccourcis des marchés publics, et la légèreté de certains cahiers des charges.
À peine quelques heures de précipitations et voilà que les routes se délitent comme du sucre, les trottoirs s’effondrent, et les ronds-points prennent des airs de piscines. Même les plus grands projets urbains n’échappent pas à ce test naturel. Car au fond, qui a besoin de bureau de contrôle quand on a un bon orage comme celui qui s’abat en ce moment sur plusieurs villes du pays… On découvre alors que le bitume était plus proche du papier mâché que du béton, que les évacuations d’eau ne menaient nulle part, et que les chantiers livrés « en grande pompe » n’étaient que des décorations temporaires.
Et pendant que les citoyens slaloment entre les cratères urbains, les autorités observent en silence, espérant que le soleil revienne vite pour faire disparaître ces mares d’eau gênantes… Comme quoi, les nuages ne font pas que pleuvoir, ils dénoncent…








