La France est toujours à la recherche d’un « islam français » qu’elle veut compatible avec les principes de la licité, de la démocratie et de la république. Ce thème qui revient comme un serpent de mer à la veille de chaque scrutin national, est un puissant slogan fédérateur pense les principaux candidats à la présidentielle dont le premier tour au lieu le 10 avril prochain. Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur (et des cultes) du candidat-président potentiel Emmanuel Macron balise le terrain à ce dernier en lançant en grande pompe une nouvelle structure représentative en lieu et place du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), créé en 2003 mais en proie à des conflits internes. Objectif avoué: remodeler l’islam en France pour le rendre plus français, autrement dit le purger de pratiques religieuses antirépublicaines et des influences étrangères. Ce « grand remplacement » du CFCM a enfanté d’une grand-messe baptisée Forum de l’Islam de France. Des dizaines de personnalités musulmanes influentes ont été triées sur le volet par le gouvernement Castex pour participer au nouveau venu. Selon les critiques, il s’agit d’une tentative du président français Emmanuel Macron de gagner le soutien de la droite qui gagne du terrain. Cette nouvelle instance, qui s’est réunie samedi à au Palais d’Iéna à Paris, est composée de membres qui contribueront à diriger la plus grande communauté musulmane d’Europe occidentale, la deuxième religion de France.
Elle compte par ailleurs une centaine de personnes, dont les deux tiers sont des responsables d’associations, des imams, des chefs d’entreprise et des personnalités engagées localement dans le culte musulman. L’autre tiers est pour sa part composé de personnalités qualifiées d’envergure nationale. Parmi elles, l’ancien président du CFCM ou encore le recteur de la mosquée de Paris. À noter que les femmes imames, elles, n’ont pas été conviées. Un problème de parité certainement … Malgré les arguments avancés par les promoteurs politiques et de société civile pour la création de cette nouvelle instance les critiques craignent que l’organisme ne soit une tentative du parti centriste du président Emmanuel Macron d’attirer le soutien de la droite en contrôlant la communauté musulmane.
L’organisme, qui se réunira chaque année et se divisera en quatre groupes de travail, est calqué sur le modèle allemand de la Deutsche Islam Konferenz (DIK). Les groupes de travail se concentreront sur la formation des imams (prédicateurs de prière), des aumôniers pour les prisons, les hôpitaux et l’armée, ainsi que sur la sécurité des mosquées et la discrimination à l’encontre des musulmans. Les musulmans de France se plaignent depuis longtemps d’être stigmatisés dans la vie quotidienne, et ils affirment que la discrimination s’aggrave sensiblement après les attentats terroristes islamistes. Tous les membres du forum sont triés sur le volet par le gouvernement, et les femmes représenteront au moins un quart de ses membres, selon les médias français.








