Le « nein » allemand à la levée des brevets sur les vaccins

A quand un vaccin contre le mercantilisme ?

Dès qu’il s’agit d’une question de gros sous mettant en jeu un plan de sauvetage paneuropéen ou mondial de l’économie qui ne concerne pas les secteurs financiers et bancaires, l’Allemagne se cache sous la table comme s’il s’agit échapper à un violent tremblement de terre, mais finit par passer sous la table : Le pays d’Angela Merkel ne pouvant lutter continuellement  contre tous. Au lendemain de la grande crise économique et financière  de 2008, Berlin a catégoriquement refusé l’idée de mettre la main à la poche pour soutenir la Grèce frappée de plein par l’effondrement des prêts hypothécaires. Ce qui n’a pas empêché, en mars 2009, le gouvernement allemand d’instaurer un fonds de 115 milliards d’euros pour garantir les prêts et apporter un soutien aux entreprises en Allemagne. Bonjour la solidarité européenne ! Un nombrilisme qui n’est pas le premier ni le dernier. Ce mois de mai, même comportement égoïste  du côté de l’un des pays les plus riches sinon le plus riche d’Europe. Dès l’annonce américaine d’une levée des brevets sur les vaccins pour en accélérer la production et par ricochet endiguer rapidement la pandémie du coronavirus en permettant notamment aux pays pauvres d’avoir un accès facile aux sérums, Berlin n’a pas hésité à faire part clairement de son hostilité.

« Je souhaite que maintenant qu’une grande partie de la population américaine a été vaccinée, nous puissions avoir un libre-échange de composants et aussi une ouverture du marché des vaccins», a réagi la chancelière Angela Merkel, qui a participé au sommet « social » européen, tenu par visioconférence à Porto au Portugal, les 7 et 8 mai. Le « nein » du gouvernement allemand est intervenu après que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Union européenne était «prête à discuter » de la proposition de suppression des brevets. En s’opposant à cette proposition humanitaire soutenue par les États-Unis visant à lever les brevets sur les vaccins Covid-19, Berlin se cache derrière la seule feuille de vigne en sa possession : arguer que ces brevets non seulement n’entravent pas la production de ces vaccins et que leur levée va même en limiter la production ! Autrement dit les vaccins à ARN messager sont tellement sophistiqués qu’il n’est pas donné à n’importe quel laboratoire du monde de les fabriquer en temps utile. Argument qui ne tient pas la route ne serait-ce que parce qu’il existe plusieurs pays assez avancés en biotechnologie pour être en mesure de les produire si les brevets qui les protègent sont levés. En fait, là aussi, il est question  de gros sous que l’Allemagne ne veut pas perdre fait preuve. En septembre 2020, Berlin n’a pas hésité pour  débloquer une aide totale de 627 millions d’euros aux groupes allemands de biotechnologie BioNTech et CureVac afin d’accélérer les recherches sur un vaccin contre le Sars-Cov-2. « La protection de la propriété intellectuelle est une source d’innovation et doit le rester » martèle le gouvernement de Merkel. CQFD.

Les plus lus
[posts_populaires]
Traduire / Translate