Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion d’urgence lundi sur les troubles à Jérusalem, mais n’a pas publié de déclaration immédiate, des diplomates ayant indiqué que les États-Unis estimaient que des commentaires publics seraient contre-productifs. Les négociations se poursuivaient entre les 15 nations du Conseil de sécurité sur un texte qui pourrait être édulcoré par rapport à un projet initial proposé par la Norvège, ont indiqué des diplomates. Les États-Unis, selon un diplomate, ont déclaré lors de la vidéoconférence à huis clos qu’ils « travaillaient en coulisses » pour calmer la situation et qu’ils n’étaient « pas sûrs qu’une déclaration à ce stade soit utile ». La réunion du Conseil de sécurité est intervenue après que le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a téléphoné à son homologue israélien et lui a fait part de ses « graves préoccupations » concernant les expulsions imminentes de familles palestiniennes de leurs maisons par Israël. Ces familles habitent dans leurs maisons situées dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, depuis 1956. Une injustice qui a contribué à alimenter les tensions dans la ville sainte. Peu après la réunion du Conseil de sécurité, les organisateurs d’une marche pro-israélienne commémorant la Journée de Jérusalem, qui était devenue un point chaud étant donné que son itinéraire devait passer par la Porte de Damas au moment où des milliers de Palestiniens faisaient leurs prières collectives du mois sacré du Ramadan ont finalement annulé l’événement.
Le projet de déclaration du Conseil de sécurité demanderait à Israël de « cesser les activités de colonisation, les démolitions et les expulsions », y compris à Jérusalem-Est. Le projet norvégien a été présenté conjointement avec la Tunisie, un autre membre non permanent qui a convoqué la réunion de lundi, ainsi qu’avec la Chine. Dans ce projet de déclaration, qui se situe un cran en dessous d’une résolution, les membres du Conseil de sécurité exprimeraient « leur grave préoccupation face à l’escalade des tensions et de la violence en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est », qu’Israël a annexée en 1967 et considère comme faisant partie de sa capitale. Le projet appelle également à « faire preuve de retenue, à s’abstenir d’actions et de rhétorique provocatrices, et à maintenir et respecter le statu quo historique sur les lieux saints ». La mission américaine auprès des Nations unies n’a pas immédiatement commenté la réunion du Conseil de sécurité. Les États-Unis sont le principal allié d’Israël, mais le président Joe Biden a également cherché à soutenir les droits des Palestiniens après l’administration pro-israélienne belliqueuse de Donald Trump. Plus de 300 personnes ont été blessées lundi lors de violents affrontements entre la police israélienne et les Palestiniens dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa. Mercredi, le nombre de roquettes lancées sur Tel-Aviv et des localités frontalières de Gaza s’est élevé à plus de mille selon les autorités israéliennes, ce à quoi l’armée israélienne a répondu par un déluge de feu sur la bande de Gaza. Bilan côté palestinien, au moins 60 morts civils et militaires dont des femmes et des enfants, contre 6 morts côté israélien dont un militaire.








