Décidemment le migrant est la tête de Turc idéale pour la fachosphère. Chaque fois que les choses vont mal dans un pays où les urnes électorales ont branchés sur le populisme c’est le pauvre migrant qui est montré du doigt.
Confronté à une hausse vertigineuse du chômage causée par la crise du coronavirus qui compromet ses chances de rempiler en novembre 2020, Donald Trump s’en prend à nouveau aux migrants qui viennent voler du travail des Américains.
Mais franchement ce dernier peut-il y remédier au problème des 26 millions de chômeurs américains victimes du Covid-19 en suspendant l’arrivée de nouveaux immigrants légaux aux Etats-Unis pour 60 jours ? Impossible, bien sûr. Ne serait-ce que parce que le réel nombre de ces nouveaux arrivants tourne chaque année autour du million de personnes. En effet, selon les chiffres officiels, « les Etats-Unis ont accordé le statut de résident permanent quelque 577.000 personnes lors de l’année fiscale 2019 » et « le nombre de visas temporaires s’est lui élevé à 462.000, en net recul par rapport aux 617.000 accordés en 2016. » Mais Trump le candidat aux abois aime faire feu de tout bois. L’essentiel pour lui c’est de caresser son électoral dans le sens du poil pour qu’il soit au rendez-vous en novembre prochain, à moins que qu’il ne trouve la parade pour reporter le scrutin.
En attendant Trump a mis sa menace à exécution, fidèle à sa réputation d’homme dont la main ne tremble pas quand il s’agit de saigner les faibles. Ainsi près de 24 heures après son annonce, dans un tweet spectaculaire où il a écrit notamment qu’«Il serait injuste que les Américains soient remplacés par une main d’œuvre venue de l’étranger», il a signé le décret mercredi soir. Un texte qui épargne toutefois les visas de travail temporaires pour ne concerner que les «green cards» (résidents permanents).








