Certains sites électroniques n’arrêtent pas de rivaliser de « voyages à l’intérieur » des usines de fabrication des masques dits alternatifs. Initiative journalistique louable s’il en est, sauf que ces fichus grand public et de mauvaise qualité sont toujours introuvables aussi bien dans la grande distribution que le petit commerce. En tout cas, ils sont de très loin beaucoup moins faciles à dénicher que le pain, l’eau minérale en bouteille ou le lait qui eux sont disponibles en quantités largement suffisantes alors que le masque a été érigé en produit de première nécessité par le gouvernement le 7 avril dernier. Mais le ministre Moulahom Hafid, qui pilote cette opération, qui commence à tourner à la pantalonnade, reste droit dans ses chaussures Berluti, soutenant mordicus lundi 13 avril à Casablanca devant les caméras que pas moins de 13 millions d’unités de ces dispositifs de protection ont été distribuées jusqu’ici. À croire que la marchandise se volatilise dès son arrivée dans le commerce ou que des mains invisibles s’empressent de la détourner en cours de route. Et si notre ministre-businessman, tout à sa volonté de relancer l’export national mis en en berne par le coronavirus, a fait exporter en douce les masques vers le désert des Tartares ? En tout cas, une enquête pour démasquer les auteurs éventuels de ce jeu trouble ne serait pas de trop. En attendant, il faut bien trouver un bouc-émissaire pour cette pénurie énigmatique. Celui-ci est vite désigné : les pharmaciens ! Ce sont ces méchants qui spéculent sur ce produit à la qualité incertaine pour le vendre ensuite plus que 80 centimes pièce. Aux dernières nouvelles, les masques seront emballés, selon le même Moulahom par pack de 10 pièces au lieu de paquets de 50 ou 100 et mis en vente principalement dans les pharmacies d’officine. Le bal masqué continue…







