Jamil Manar
Le processus électoral est lancé à la Confédération Générale des Entreprises du Maroc. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri ont annoncé officiellement leur candidature, respectivement aux postes de président et de vice-président général de l’organisation patronale. Dans une déclaration conjointe, le binôme indique qu’il entame dès à présent les démarches nécessaires à la constitution de son dossier, notamment la collecte des signatures requises en vue de son dépôt officiel. Il s’agit, à ce stade, de la première candidature déclarée depuis l’ouverture de l’appel à candidatures le 11 mars.
Deux profils expérimentés au sein du patronat
Actuel vice-président général de la CGEM, Mehdi Tazi dispose d’une connaissance approfondie de l’institution, qu’il a dirigée aux côtés de Chakib Alj durant deux mandats. Sa candidature à la présidence s’inscrit dans une logique de continuité de l’action menée ces dernières années. De son côté, Mohamed Bachiri est une figure bien connue du patronat marocain, notamment sur les questions industrielles. Il s’était illustré en 2019 en assurant la présidence par intérim de la CGEM à la suite du départ de Salaheddine Mezouar, dans un contexte marqué par une crise de gouvernance. Il avait alors accompagné la transition jusqu’à l’élection du tandem Alj-Tazi.
Complémentarité des parcours
Le duo met en avant une complémentarité de profils. Mehdi Tazi, issu du monde de la finance et de l’assurance, a notamment dirigé Saham Assurance avant de prendre la tête de sa holding ASK Capital, active dans plusieurs secteurs dont l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises.
À l’inverse, Mohamed Bachiri a construit l’essentiel de sa carrière dans l’industrie. Actuel dirigeant de Renault Group Maroc, il a occupé plusieurs fonctions de responsabilité au sein du groupe, notamment dans le pilotage industriel et les ressources humaines. Il a également joué un rôle clé dans le développement du complexe industriel de Tanger, l’un des projets emblématiques du secteur automobile au Maroc.
Calendrier électoral en cours
À ce jour, cette candidature demeure la seule officiellement déclarée. Les prétendants à la présidence de la CGEM ont jusqu’au 8 avril pour déposer leurs dossiers, dans le cadre d’un scrutin qui s’annonce déterminant pour l’orientation future du patronat marocain.
Peut-on diriger le patronat sans être patron ?
Ni Mehdi Tazi ni Mohamed Bachiri ne correspondent au profil classique de « patron-propriétaire » (fondateur ou actionnaire majoritaire d’un grand groupe). Leur légitimité repose davantage sur leur parcours de dirigeants exécutifs et leur expérience au sein de grandes organisations, plutôt que sur la détention capitalistique.
Mehdi Tazi dirige une holding d’investissement et a longtemps évolué dans l’univers de la finance et de l’assurance, tandis que Mohamed Bachiri est un pur manager industriel, issu d’un grand groupe international comme Renault Group Maroc. Autrement dit, ce sont des profils de gestionnaires et de stratèges plus que d’entrepreneurs au sens traditionnel.
Cela dit, au sein de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc, cette distinction n’est pas formellement bloquante. L’institution a déjà été dirigée par des profils variés : certains étaient des fondateurs de groupes, d’autres des dirigeants professionnels. Le critère déterminant reste généralement la capacité à fédérer, représenter les entreprises et porter une vision économique.
La CGEM doit-elle être dirigée par un « capitaine d’industrie » propriétaire, ou par un manager expérimenté capable de piloter une organisation complexe et de dialoguer avec les pouvoirs publics ? Le débat mérite d’être lancé…








