A u sein des partis pressentis pour rejoindre la future coalition gouvernementale, la course aux portefeuilles ministériels paraît déjà engagée. Il en va ainsi au Mouvement populaire (MP), où les prétendants à la fonction ministérielle se font connaître auprès du secrétaire général, Mohamed Ouzzine, en mettant en avant leurs états de service. Parmi les prétendants déclarés figurent RIM Chabat, Hicham Rahil et Abdenbi El Aydoudi. Chacun s’estime en possession des qualités requises pour faire partie du prochain exécutif. Dans cette compétition déjà âpre, un homme choisit cependant de rester en retrait: Nabil Adel.
L’intéressé ne mène aucune campagne pour décrocher un maroquin et ne revendique aucun portefeuille. Cette discrétion tranche avec l’effervescence qui accompagne d’ordinaire les périodes de formation gouvernementale. Nabil Adel appartient à une catégorie encore relativement peu représentée dans les partis marocains : celle des responsables dont la carrière s’est construite à la croisée de l’entreprise, de l’université, du conseil et des institutions publiques, avant un engagement direct en politique. Après l’Université Hassan II, il poursuit ses études à HEC Paris, où il achève son Master en tête de promotion, puis rejoint l’ISCAE, où il obtient un doctorat en finance en deux ans et demi. Professeur-chercheur en économie et finance à ESCA School of Management, il a auparavant occupé des fonctions de direction dans le secteur financier au Maroc et en Afrique. Il a également exercé dans le conseil auprès de responsables politiques africains, de dirigeants de grandes entreprises et de fonds d’investissement. À ce parcours s’ajoute une expérience institutionnelle notable : il a été conseiller spécial du président de la Chambre des représentants, fonction qui l’a placé au contact direct des institutions, du travail parlementaire et de la décision publique.
De l’expertise à la politique publique
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, Nabil Adel mène des recherches en finance, en économie et en politiques publiques. Il a signé plusieurs articles dans des revues internationales indexées et travaille notamment sur la performance bancaire et assurantielle, le risque géopolitique, l’inclusion financière et les déterminants de la performance économique.
Il intervient également régulièrement dans les médias nationaux sur les questions d’économie, d’emploi, de finance, de politiques publiques et de géopolitique. Mais c’est son implication dans la préparation du programme électoral du Mouvement populaire pour les élections de 2026 qui marque une étape supplémentaire dans son engagement politique.
Membre du Conseil national du MP et vice-président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Afrique, il a contribué au cadrage économique du programme du parti, au chiffrage des mesures proposées ainsi qu’à l’examen de leurs modalités de financement. Une contribution qui l’a conduit à passer de l’analyse des politiques publiques à leur formulation concrète, avec les arbitrages, les coûts et les exigences de faisabilité que cela suppose.
Un candidat naturel pour les dossiers économiques ?
Cette combinaison de compétences et cette diversité d’expériences lui confèrent un avantage certain pour un éventuel destin politique. Si une nomination devait intervenir, les départements liés à l’économie et aux finances, à l’investissement, à l’industrie ou à la réforme économique correspondraient naturellement à son domaine d’expertise. L’intéressé, toutefois, ne revendique aucun portefeuille. Une discrétion nourrie par la pudeur, qui tient aussi à son tempérament et à sa conception de l’engagement politique.
Une carrière politique encore récente
C’est probablement le principal élément qui distingue Nabil Adel des responsables politiques ayant déjà occupé plusieurs fonctions électives ou gouvernementales. Sa carrière partisane demeure récente, même si son activité auprès des institutions et des décideurs publics l’a depuis longtemps placé au contact de la décision politique. Dans un parti comme le MP, où l’ancrage territorial, l’ancienneté militante et les équilibres internes pèseront nécessairement dans les arbitrages, cette donnée compte. Mais les gouvernements sont également confrontés à des dossiers de plus en plus techniques: financement de l’économie, investissement, compétitivité industrielle, emploi, réforme administrative ou encore intégration du Maroc dans les chaînes de valeur africaines et internationales.
Sur ces sujets, l’articulation entre connaissance académique, expérience du secteur privé et pratique des institutions peut constituer un atout de taille. Reste à savoir ce que privilégieront les futurs arbitrages gouvernementaux : l’expérience politique accumulée, les équilibres partisans et les fidélités ou la recherche de compétences techniques capables de porter des dossiers complexes. Au-delà des ambitions personnelles et de la course aux portefeuilles , l’enjeu devrait surtout être celui du service du pays : mettre au gouvernement les femmes et les hommes les plus à même de transformer leurs compétences, leur expérience et leur engagement en résultats concrets au bénéfice de l’économie, des institutions et des citoyens.








