Moyen-Orient : Guerre à durée indéterminée, paix en liquidation totale

Le Golfe des mirages, Trump en plein désert… d’idées…

Et côté rhétorique trumpienne, le niveau a franchi le mur du son… pour plonger en chute libre : « Ouvrez ce foutu détroit, bande de fous, ou vous allez vivre en enfer. Regardez bien. Loué soit Allah. »

Ahmed Zoubaïr 

La guerre n’est toujours pas terminée; elle s’installe même en abonnement illimité. L’Iran n’est pas en rupture de missiles : le stock est plein, prêt pour des livraisons express vers Ia Palestine occupée et les monarchies du Golfe, pendant que le détroit d’Ormuz affiche “fermé jusqu’à nouvel ordre”… pour cause de travaux explosifs.

Pendant ce temps, Donald Trump orchestre sa propre symphonie du chaos : entre deux tweets apocalyptiques et trois purges administratives, il transforme l’État en chantier permanent. Grand ménage, certes mais ici, ce sont les institutions qui partent à la poubelle avec le chiffon.

Le désastre géopolitique est tel que même les économistes, pourtant champions du jargon indolore, commencent à lâcher le mot qui fâche : la stagflation. Une merveille économique où tout augmente… sauf le pouvoir d’achat et l’espoir.

Mardi 7 avril sonne la fin ou plutôt la énième prolongation de l’ultimatum trumpien. L’Iran devait se rendre comme un pauvre vaincu  et rouvrir le détroit d’Ormuz. Verdict ? Échec et mirage. Pas de reddition, pas d’ouverture, pas même un semblant de discussion. Mais dans un élan d’optimisme digne d’un pari sous café serré, Trump jure qu’un accord est “imminent”. À Téhéran, on répond qu’il n’y a même pas de négociation. Bref, ce n’est plus un dialogue de sourds, c’est un solo… avec mégaphone.

Et côté rhétorique, le niveau a franchi le mur du son… pour plonger en chute libre :

« Ouvrez ce foutu détroit, bande de fous, ou vous allez vivre en enfer. Regardez bien. Loué soit Allah. »

Une tirade diplomatique d’une rare élégance, oscillant entre prêche mystique et coup de gueule de comptoir. Shakespeare peut dormir tranquille.

Face à ce brouhaha , l’Iran répond en mode “feu d’artifice stratégique”. Entre démonstration de force et clin d’œil à son passé impérial, Téhéran cible des installations pétrochimiques aux Émirats, à Bahreïn et au Koweït. Message : le Golfe n’est pas seulement une pompe à pétrole, c’est aussi un stand de tir grandeur nature.

La prudence ou l’inertie  des monarchies du Golfe finit par servir le narratif iranien, qui s’impose en chef d’orchestre d’un concert… de missiles. Six salves ont été lancées vers les territoires occupés , du nord au sud, testant sérieusement le fameux bouclier du Dôme de fer, qui semble aujourd’hui laisser passer bien des fausses notes.

Même le criminel de guerre de Tel Aviv ne peut plus vendre l’invincibilité en kit : certains projectiles atteignent leur cible, et les morts et les blessés rappellent que, dans cette partie d’échecs géante, les pions ne sont ni en bois… ni remplaçables. Et pendant que les missiles dessinent la carte du monde, certains dirigeants, eux, redessinent surtout les limites du ridicule.


Et pendant que le Golfe perfectionne l’art du silence radio — version blackout aussi hermétique qu’un coffre-fort — Donald Trump, lui, reste fidèle à sa doctrine préférée : le vacarme permanent. Chez lui, la communication n’est pas un outil, c’est une arme de distraction massive.

Car entre deux déclarations martiales promettant de “libérer le peuple iranien” et de faire vaciller le régime des mollahs, la grande croisade s’est curieusement rétrécie… jusqu’à tenir dans un cockpit. Exit la révolution, place à l’extraction.

Dernier acte en date : une autosatisfaction tonitruante autour du “sauvetage héroïque” d’un pilote américain abattu en territoire iranien. Une opération décrite comme “gigantesque”, mobilisant forces spéciales, drones, flotte militaire et probablement quelques superlatifs supplémentaires en réserve. Une superproduction hollywoodienne… pour un seul homme.

Coût du blockbuster ? Environ 600 millions de dollars. Oui, six cents millions. Pour passer d’une promesse de renverser un régime à une mission de secours d’un homme, il fallait oser. De la libération d’un peuple à l’exfiltration d’un pilote : la stratégie a fondu plus vite qu’un slogan en plein désert.

À ce tarif-là, ce n’est plus une opération militaire, c’est le sauvetage le plus cher de l’histoire de l’humanité ! Et peut-être aussi le résumé parfait d’une ambition géopolitique passée du grand soir… au service après- catastrophe…

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