Scène surréaliste à l’OFPPT de Fès 

Loubna Tricha dans tous ses états

Le siège de la direction régionale de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) à Fès a connu, vendredi 27 mars , ce qu’il est convenu d’appeler sobrement une « alerte managériale». En cause, une visite inopinée de la directrice générale, la grande Loubna Tricha  qui allait déclencher un scénario dont même un stagiaire en art dramatique n’aurait osé rêver.

Selon des sources internes aussi fiables que fascinées, la haute responsable aurait d’abord demandé à une cadre régionale de joindre illico le directeur régional. Ce dernier, au téléphone, jura qu’il était « en route » – formule que l’on connaît pour sa souplesse administrative. Mais c’est à ce moment que l’ambiance a pris un tour… disons, pour le moins inattendu. La directrice générale aurait soudainement été prise d’une colère d’une intensité rare, ponctuée de hurlements dignes d’une scène de tragédie antique, avant d’en venir à déchirer ses propres vêtements sous les regards médusés – certains témoins ont même cru à un exercice de gestion du stress par la méthode « robe  en miettes ».

Devant cette séquence surréaliste , un membre de son entourage a tenté une intervention délicate. Un médecin a été appelé en renfort pour évaluer ce qu’un témoin a décrit pudiquement comme un « état anormal ». Le personnel, lui, évoque plutôt un épisode de télé-réalité institutionnelle dont personne n’avait signé pour être figurant.

Plusieurs cadres, retenus sur place par l’incertitude et la sidération, n’ont pu quitter leurs bureaux avant 21 heures, certains se demandant s’ils allaient devoir aussi rentrer à pied ou en costume de rechange. Quant à la responsable, elle a quitté les lieux de manière foudroyante, laissant son véhicule sur place – peut-être en signe de méditation sur les frais de déplacement.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Dès le début de la semaine, la direction régionale a connu une redistribution des cartes façon jeu de l’oie : le directeur régional et une cheffe de division se sont vu infliger  une mutation express à Errachidia, avec pour nouvelle casquette celle de « formateurs » – une promotion déguisée en carte postale du sud. Plus surprenant encore, un attaché de cabinet a été suspendu pour avoir osé faire appel au médecin, initiative jugée manifestement contraire à l’esprit d’équipe et d’entraide. 

Depuis, dans les couloirs de l’OFPPT, on s’interroge à voix basse. Les méthodes de gestion font débat, le climat est décrit comme « très délétère et toxique  » et l’on note une recrudescence de dossiers en justice déposés par des cadres virés ou mutés , comme si le tribunal était devenu le nouveau comité d’entreprise.

À ce stade, aucune communication officielle n’est venue éclairer l’opinion. Les témoignages oculaires  restent donc la seule source pour tenter de reconstituer cette journée qui restera dans les annales locales comme le vendredi où l’administration a frôlé le one-woman-show involontaire. En attendant, les agents ont reçu une consigne tacite : en cas de visite surprise, prévoir une tenue de rechange et un numéro de médecin en favoris.

Moralité  : à l’OFPPT, on forme aux métiers… parfois aussi à la gestion de crises vestimentaires déchirantes.

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