En 1934, surgissent des images de deux cortèges organisés par des forces politiques qui se haïssent. Léon Blum craint l’affrontement et la désunion. Les gens criaient : « Unité ! Unité ! ». Cette nécessité de se mobiliser pour défendre la démocratie sont mises en œuvre par les travailleurs. Ce qui honore les années du Front Populaire, c’est la lutte contre le racisme, le nazisme et le fascisme. Des universitaires vont se mobiliser et lancer le comité de vigilance antifasciste porté par Paul Langevin et les 3 André (Malraux, Gide et Breton). Ainsi que par les scientifiques Joliot et Joliot-Curie, gendre et fille de Marie Curie, la première femme à obtenir un prix Nobel ! Cette convergence inédite entre mouvements associatifs, citoyens, culturels et les partis politiques de gauche va enclencher en 1935 une dynamique que plus rien ne pourra arrêter. Ce rassemblement de millions de Français est porté par une révolution politique inouïe. Les communistes de Maurice Thorez ont changé de stratégie quand Moscou les a autorisés à s’engager avec les socialistes. Surtout, c’est Maurice Thorez lui-même qui a convaincu les socialistes que cette union de la gauche devait impérativement associer le PR (Parti Radical), pourtant au pouvoir avec la droite, afin d’avoir une chance de renverser le rapport de force. Et après le basculement du PR dans le camp antifasciste, le nouveau Rassemblement Populaire peut fièrement prononcer, le 14 juillet, un serment historique, inspiré des grandes heures de la Révolution française. La société française est en train de se polariser comme jamais. Bientôt divisée en deux camps qui vont s’opposer violemment.
Face aux foules incontestables rassemblées par le Front populaire, il y a aussi une foule qui est massive du côté des droites qui considèrent qu’il n’est pas normal qu’un parti politique, le parti communiste, prenne ses instructions à Moscou. L’extrême-droite de Charles Maurras observe avec intérêt tout ce qui se passe du côté de l’Italie, de l’Allemagne et de l’Espagne. Front contre Front ! Front National contre Front Populaire ! L’affiche plaît à la presse et l’atmosphère est désormais à l’affrontement dans les rues de la capitale. L’extrême-droite appelait les gens de la gauche, les « salopards en casquette ». Les « salopards en casquette » se mobilisent contre « les fascistes à Béret ». Le 13 février 1936 à Paris, la voiture transportant Léon Blum se retrouve immobilisée à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de l’Université, bloquée par la foule. Reconnu par des manifestants, Léon Blum est extirpé en partie de l’habitacle et frappé à coups de feu d’artifice, de cannes et de morceaux de pare-chocs arrachés. Sanguinolent et grièvement blessé à la tête, Léon Blum doit son salut à l’intervention courageuse d’ouvriers d’un chantier voisin qui le mettent à l’abri. Choqué par la gravité de cette tentative de lynchage, le Conseil des ministres réagit le soir même en prononçant la dissolution de cette ligue politique d’extrême droite.
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