Jamil Manar
On croyait avoir tout vu. Et pourtant, 2025 s’est surpassé, pulvérisant tous les records. Pas seulement dans le sport de haut niveau. Mais dans l’abominable, la cruauté et le double standard…
Entre la guerre génocidaire à Gaza retransmise en direct et la complicité toute diplomatique des puissants, la guerre en Ukraine qui s’éternise dans une lassitude qui crève les yeux et la planète qui brûle pendant que les puissances s’écharpent sur les quotas de CO2,… le monde a continué de tourner, mais clairement pas rond. Livrée à un pompage continu de ses ressources qui confine à la prédation, la terre est à terre, ne cessant d’envoyer des signes d’alerte, mais heureusement qu’il y a les sommets climatiques, les fameux COP, qui continuent de produire ce qu’ils savent faire de mieux : des promesses creuses.
Pendant que les glaciers fondent, les empires économiques se réchauffent à coup de guerres commerciales. La Chine, les États-Unis et l’Europe jouent à « qui perd gagne » alors que les peuples, eux, perdent tout court. L’Afrique n’est pas en reste : des élections tendues, des coups d’État à peine déguisés, la CEDEAO qui se fracture, pendant que le premier sommet du G20 en terre africaine donne lieu à des selfies plus qu’à des solutions.
Que 2026 nous surprenne, nous bouscule, nous réveille — mais avec humour, avec espoir, et pourquoi pas… avec un peu plus d’humanité.
2025 c’est l’année aussi où les algorithmes ont pris le pouvoir… avec la bénédiction des humains ou plutôt des transhumains. L’intelligence artificielle s’est glissée comme le chat sous une couverture dans nos conversations, nos diagnostics médicaux, nos choix de vie, nos cauchemars aussi. Fascinés, on l’a laissée prospérer partout. Inquiets, on a continué à lui parler, même quand elle nous répondait avec la froideur d’un DRH automatisé.
Pendant ce temps, les milliardaires se multiplient plus vite que les forêts disparaissent. Les fusées s’envolent, les fortunes aussi. Un petit club s’enrichit en dormant, pendant que quelques milliards d’humains s’appauvrissent en travaillant ou en végétant dans la précarité. Le capitalisme version 5G : ultra-connecté, ultra-rapide, ultra-aveugle.
Et malgré tout…, on a ri des absurdités du monde, partagé des moments de chaleur humaine, parfois même sans Wi-Fi. Alors, haut les cœurs ! Et cerise sur le gâteau, la CAN au Maroc nous gratifie en cette fin d’année de belles séquences de communion footbalistique. Elle montre que les peuples sont magnifiques. Capables de vibrer, de chanter et de s’unir autour d’un simple ballon, là où les politiques échouent de plus en plus à rassembler.
Que 2026 nous surprenne, nous bouscule, nous réveille — mais avec humour, avec espoir, et pourquoi pas… avec un peu plus d’humanité. Bonne année quand même !








