Questions à mille pétrodollars ! Quelle est la position de prédilection de la diplomatie algérienne ? le plat-ventrisme maladroitement criant. Cet exercice est conforme à la dernière relance de la relance franco-algérienne- en attendant la prochaine crise- aux conditions de la France après plusieurs mois de brouille dont la gravité est sans précédent dans l’histoire tumultueuse entre la France et son ancienne colonie. Une brouille provoquée en grande partie par la reconnaissance de la marocanité du Sahara par Paris, ce qui a déplu au régime militaire en place qui dans ses aboiements habituels a menacé ouvertement la France de représailles économiques. Or, le seul acte de vengeance commis courageusement par la junte des caporaux aura été de s’en prendre à un écrivain de 80 ans, gravement malade, pacifique et sans défense dont elle espérait faire une monnaie d’échange dans sa diplomatie du chantage honteux et du petit marchandage : le franco-algérien Boualem Sansal, jeté en prison en novembre 2024 sous de fausses accusations puis condamné le 27 mars 2025 à 5 ans de prison par une justice aux ordres.
Le seul crime de ce romancier, devenu malgré lui le symbole d’un régime aux abois et inconséquent, est d’avoir relayé dans un média français une vérité historique établie et reconnue, à savoir que le Sahara oriental est un territoire marocain dont le Maroc a été amputé au profit de l’Algérie alors sous occupation française. A part cet agissement infâme qui a soulevé un immense mouvement d’indignation en France et ailleurs, l’Algérie de Tebboune et Shangriha a été incapable, malgré sa rhétorique agressive habituelle, de faire fléchir la France sur le dossier du Sahara marocain. Au terme d’un entretien téléphonique entre le président français et son homologue algérien le 31 mars, les nouvelles conditions de la réconciliation ont été couchées noir sur blanc dans un communiqué conjoint: Reprise du partenariat sécuritaire et du dialogue stratégique, relance de la coopération migratoire et judiciaire ainsi que de l’action commune sur la mémoire coloniale dans un esprit d’apaisement, relance des échanges économiques et commerciaux. Tebboune and co a cédé sur tout, y compris sur la libération de l’otage franco-algérien en «raison de l’âge et de l’état de [ sa] santé».
Dans ses relations extérieures, la junte militaire algérienne cherche constamment à arborer le visage d’une diplomatie ferme et virile. De la pure esbroufe.
Tout ça pour ça ! Toute cette mauvaise mise en scène pour finalement battre sa coulpe, opérer, toute honte bue, un rétropédalage détonnant présenté comme une volonté d’apaisement. La camarilla qui a fait de l’Algérie un butin de guerre depuis son indépendance officielle en 1962 n’excelle décidément que dans la capitulation, consciente qu’elle a tout à perdre dans le maintien de l’escalade avec Paris. Surtout après les appels lancés par la classe politique française de réviser les accords avantageux de 1968. Accords dispensant les citoyens algériens d’un visa pour un séjour de plus de trois mois en France et leur permettant d’accéder plus rapidement que d’autres pays à la délivrance d’un titre de séjour valable dix ans. La menace de dévoiler les comptes bancaires de la nomenklatura au pouvoir en Algérie, fruits de plusieurs décennies de la captation de la richesse nationale, a fini par faire réfléchir ceux qui ont fait une OPA sur l’Algérie. Ce n’est pas le seul acte de reddition diplomatique algérien.
De guerre lâche, les caporaux d’Alger ne sont-ils pas revenus en novembre 2024 à de meilleurs sentiments envers l’Espagne malgré le maintien de sa position sur le Sahara marocain dont elle a reconnu la souveraineté en avril 2022? Deux ans de rupture des échanges commerciaux avant que Tebboune et ses mentors en treillis ne se vautrent devant le gouvernement socialiste espagnol. Dans ses relations extérieures, la junte militaire algérienne cherche constamment à arborer le visage d’une diplomatie ferme et virile. De la pure esbroufe. Ces palinodies à répétition révèlent le signe d’un régime faible et très peu fiable, incapable d’aller jusqu’au bout de ses décisions, cadenassé dans un anachrnisme chronique qui l’empêche de se projeter dans l’avenir et de construire des relations saines et normales avec le reste du monde.
Abdellah Chankou