Démonstration de force à Bruxelles : Les agriculteurs européens sortent les fourches contre les accords avec le Maroc

Un tracteur devant le Parlement européen à Bruxelles.

Scène surréaliste ce jeudi 18 décembre à Bruxelles : la ville s’est transformée en salon agricole à ciel ouvert. Des centaines de tracteurs, venus des quatre coins de l’Europe, ont envahi les rues de la capitale, klaxons rugissants et slogans en bandoulière. Objectif ? Manifester leur colère contre la baisse annoncée des aides de la PAC ( Politique agricole commune ) et, surtout, contre les accords commerciaux avec… le Maroc, devenu subitement l’ennemi agricole numéro un.

La police de Bruxelles avait prévenu sur X dès mardi : la journée de jeudi risquait d’être fortement perturbée. Et elle ne s’est pas trompée. En début d’après-midi, elle a annoncé un chiffre pour le moins impressionnant : pas moins de 950 tracteurs déployés dans le quartier européen.  

Selon La Libre, la tension est vite montée. Des manifestants ont lancé pierres et feux d’artifice à plusieurs reprises en direction du bâtiment Station Europe et de l’esplanade Solidarnosc, où les forces de l’ordre étaient positionnées. Point d’orgue de cette démonstration musclée : deux bennes pleines de pneus incendiées, générant un épais nuage noir qui a enveloppé une partie de la capitale belge, visible à des kilomètres à la ronde. Une ambiance pour le moins… suffocante. 

Derrière cette démonstration de force façon Far West, les agriculteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale. Ils redoutent que les produits marocains, supposément « moins chers et trop beaux pour être vrais», ne viennent inonder les étals européens et faire fondre les marges déjà fragiles des producteurs locaux.

Face à cette grogne tonitruante – et très visible –, Ursula von der Leyen et António Costa ont reçu une délégation agricole. Promis-juré, l’Europe continuera à chérir ses petits exploitants, simplifiera leurs démarches et défendra les vaches comme les tomates, tout en poursuivant ses échanges stratégiques avec le Sud.

En coulisses, on tente donc de ménager la chèvre européenne et le chou marocain. Car au fond, cette crise illustre surtout l’angoisse d’un monde rural en perte de repères, où certains voient dans chaque tomate étrangère un cheval de Troie. Reste à savoir si l’Union saura leur offrir autre chose qu’une tape dans le dos et une soupe tiède de bonnes intentions.

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