L’introduction en Bourse de la Société Générale des Travaux du Maroc (SGTM) représente bien plus qu’une simple opération financière réussie. Elle marque une rupture symbolique et technique pour la Bourse de Casablanca qui accueille ainsi la troisième entreprise en 2025.
Clôturée le 8 décembre, l’opération a suscité un engouement sans précédent. Avec près de 173 000 souscripteurs, l’opération établit un record historique en matière de participation sur le marché casablancais. La demande a culminé à 171 milliards de dirhams, soit 34 fois le montant initialement recherché — un signal fort de confiance du grand public et des investisseurs envers le groupe BTP. Rarement une entreprise du secteur a suscité pareille mobilisation. La SGTM devient ainsi une « action populaire », ancrée dans le patrimoine collectif.
Cet engouement remarquable confirme un retour massif de la confiance des Marocains dans le marché boursier.
L’IPO SGTM montre , si besoin est, que la Bourse peut redevenir un outil d’inclusion financière par excellence en élargissant la base des petits porteurs . Elle révèle aussi l’efficacité d’une campagne de communication ciblée et d’un maillage bancaire performant.
Avec près de 45 % des souscriptions captées, Attijariwafa bank consolide son rôle de leader dans le placement de titres. Sa performance illustre l’importance de l’infrastructure commerciale dans le succès d’une IPO, bien au-delà du produit lui-même.
L’enthousiasme autour de l’action du leader national des BTP envoie un message clair à d’autres entreprises familiales ou privées : la Bourse n’est pas un espace réservé aux géants historiques , mais peut être un levier de croissance, de notoriété et de liquidité pour l’ensemble du tissu productif national.
Cette IPO rondement menée pourrait en effet relancer une nouvelle vague d’introductions en Bourse (dans le lanterneau financier on parle de Marjane), indispensables au financement de l’économie et à la diversification du marché.
Avec plus de 50 ans d’existence, SGTM s’est imposée comme l’un des piliers de l’ingénierie et de la construction au Maroc. Son parcours, marqué par la réalisation de projets structurants (autoroutes, ponts, barrages, ports, aéroports, etc.), la place au rang de groupe stratégique, à l’image d’un Bouygues en France.
L’introduction en Bourse du groupe de la famille Kabbaj consacre cette stature et marque une nouvelle phase de développement : ouverture du capital, transparence accrue, ancrage dans l’économie nationale et rayonnement continental. Elle envoie aussi un message fort aux grands groupes marocains encore non cotés : il est possible d’allier envergure familiale et ouverture au marché.








