La décision tant attendue qui met fin à la controverse sur l’éligibilité des écoles privées à l’indemnité covid-19 est enfin tombée. Un arrêté ministériel publié au Bulletin officiel n° 6892 du 18/06/2020, qui s’applique aux niveaux préscolaire, primaire, secondaire et supérieur considère que « les établissements d’enseignement et de formation professionnelle privé ne sont pas réputés être en difficulté financière pendant la période de l’état d’urgence puisqu’ils ont assuré un enseignement en ligne. » Résultat: ils sont inclus dans la liste négative des secteurs exclus de l’indemnité forfaitaire covid-19.
Pour faire pression sur les pouvoirs publics pour décrocher une subvention du Fonds anti-Covid-19, les écoles privées, enrôlées sous la bannière de la Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés (FMEFP) et celle de l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc, ont annoncé une grève nationale, d’avertissement, le mardi 30 juin prochain, soit le jour marquant la fin des cours à distance.
Les deux syndicats du primaire et du secondaire, comptant plus de 2.500 établissements, ont pris cette étonnante décision suite à une réunion organisée il y a une dizaine de jours à Marrakech. Ils dénoncent « le manque de soutien de l’État aux écoles privées qui vivent leur pire crise financière, et craignent des faillites en cascade d’ici la prochaine rentrée. »
Parallèlement à cet appel à l’aide ces établissements continuent à proférer les menaces à l’encontre des parents qui refusent de payer les frais de scolarité mensuels plein pot pendant le confinement général alors que les cours présentiels ont été suspendus au profit d’un enseignement à distance de deux heures par jour maximum… Le président de l’Association marocaine des établissements d’enseignement privé, Taoufiq Laâlej, est allé jusqu’à menacer publiquement de divulguer « la liste noire» des mauvais payeurs, comme s’il s’agissait d’un secret d’État qui va pousser les concernés à s’empresser de passer à la caisse. Tout à sa colère, M. Taoufiq Laâlej a mis en garde les parents d’élèves «indélicats» qui seraient tentés de changer d’école lors de prochaine rentrée scolaire. Il va leur couper la tête ?