Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, qui connaît bien son monde, vient de lancer, via les services d’hygiène dans les provinces et préfectures, des missions de contrôle dans les lieux de restauration. Dans le collimateur particulièrement, les enseignes de bouffe populaire à la sauce marocaine que sont les snacks, rôtisseries et autres laiteries qui ont essaimé un peu partout, dopés entre autres par l’horaire continu et la difficulté, posée notamment par le problème du transport, de rentrer à midi chez soi pour se sustenter.
Objectif de cette campagne : faire la chasse à certains produits jugés cancérigènes et d’autres qui sont impropres à la consommation, servis aux clients par les tenanciers de ces sandwicheries dont certaines sont devenues mobiles. Ces commerces de bouche sont dangereux en ce sens qu’ils ne sont regardants ni sur la propreté ni sur l’origine de leurs produits ni sur leurs dates de péremption, encore moins leur composition dont ils ne comprennent généralement que dalle. Tout ce qu’ils regardent, instruits qu’ils sont que pour le service rapide voire un peu trop, matin, midi et soir, c’est le tiroir-caisse et le pognon qui y tombe…

Paninis et tacos de toutes sortes, sandwichs au khlie, à la mortadelle, aux crevettes ou hot dog, assiette de lentilles ou de fèves avec sa harissa, omelettes à toutes les sauces et autres salades improbables. Tournant à plein régime, ces business représentent la cantine de ces bataillons de petites bourses, forçats du travail à la journée, à la semaine ou au mois, qui n’ont pas les moyens d’aller se poser dans un restaurant. Tenus par des masters chefs bien de chez nous qui sont au four, au moulin et à la caisse, ces bouis-bouis qui ont essaimé dans de nombreuses villes du pays comme Casablanca offrent un avantage socialement important. Celui de faire manger sur le pouce et surtout de se remplir la panse pour une poignée de dirhams. Comme il est clair comme l’eau de roche que la santé fuie comme la peste une telle boustifaille, il ne faut pas se poser trop de questions côté salubrité et hygiène. Faut juste dire bismillah et foncer, dents aiguisées. M. Laftit est conscient du danger sanitaire et même sécuritaire (en raison de la présence de bonbonnes de gaz) que constituent ces usines à bouffe bon marché mangées par un tas de saloperies. Ici, on a et l’addition et l’additif…