Longtemps sollicité pour faire preuve de patience lorsque les prix montent, le consommateur marocain entend désormais être associé à la fabrication des politiques qui déterminent son pouvoir d’achat.
Dans un mémorandum en dix points adressé au nouveau gouvernement, la Fédération nationale des associations de consommateurs plaide pour un changement de méthode : moins de réactions au coup par coup, davantage d’anticipation, de transparence et de régulation.
Le consommateur connaît bien la chanson. Lorsque les prix s’envolent, on lui demande de patienter, de consommer autrement ou de faire preuve de modération. En revanche, lorsqu’il s’agit de comprendre ce qui se passe entre le producteur et le ticket de caisse, sa voix pèse beaucoup moins lourd. C’est précisément ce déséquilibre que la Fédération nationale des associations de consommateurs veut corriger.
Son mémorandum adressé au nouvel exécutif ne se limite pas à une liste de doléances. Il propose une véritable feuille de route articulée autour de dix priorités, avec une idée directrice : ne plus attendre que la crise arrive pour commencer à chercher ses responsables et ses remèdes. La Fédération réclame ainsi des mécanismes de veille capables de repérer les tensions sur les marchés avant qu’elles ne se transforment en facture supplémentaire pour les ménages.
Des prix sous surveillance, pas seulement sous contrôle
La proposition phare est la création d’un Observatoire national des prix et du pouvoir d’achat. L’objectif serait de suivre l’évolution des biens et services essentiels, de comparer les écarts entre régions et de regarder ce qui se passe tout au long de la chaîne, de la production à la distribution.
L’idée est importante parce qu’un prix ne naît pas au dernier kilomètre. Entre le producteur et le consommateur s’intercalent transporteurs, grossistes, distributeurs et détaillants, avec autant de coûts, de marges et parfois d’intermédiaires. L’Observatoire devrait donc permettre de voir où se forment les prix et, surtout, où ils commencent à déraper.
Mais un observatoire ne doit pas devenir un musée de statistiques. Son utilité dépendra de la fraîcheur des données, de leur précision et de leur publication régulière. La Fédération souhaite précisément que cet outil puisse jouer le rôle de système d’alerte précoce et fournir aux pouvoirs publics des éléments permettant d’intervenir lorsqu’une hausse apparaît injustifiée. Tout un programme!








