Sahara marocain : Le Conseil de sécurité face à une nouvelle séquence diplomatique

António Guterres, secrétaire général de l’ONU.

Le dossier du Sahara marocain revient au premier plan du Conseil de sécurité des Nations unies avec l’examen du dernier rapport du Secrétaire général, António Guterres, sur la situation dans le territoire. Présenté le 1er octobre, ce rapport intervient à quelques semaines d’une échéance importante : le 31 octobre 2026, date d’expiration du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Le Conseil de sécurité doit ainsi se prononcer à la fois sur l’évolution du processus politique et sur l’avenir de la mission onusienne. Une séance de consultations consacrée à la MINURSO est prévue le 7 octobre, avec notamment les exposés attendus de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, et du chef de la MINURSO, Alexander Ivanko.

Au cœur de cette nouvelle séquence figure la résolution 2797, adoptée en octobre 2025, qui avait prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et demandé au Secrétaire général de procéder à une évaluation stratégique de l’avenir de la mission, en tenant compte des développements du processus politique.

L’enjeu du renouvellement est donc plus large qu’une simple reconduction administrative. Le Conseil doit déterminer si le mandat et les priorités de la MINURSO doivent rester inchangés ou être adaptés à l’évolution du processus politique. Parmi les options évoquées figurent notamment une reconduction pour un an, qui laisserait davantage de temps aux négociations, ou une prolongation plus courte permettant au Conseil de procéder plus rapidement à une nouvelle évaluation.

Sur le plan politique, les Nations unies cherchent à maintenir la dynamique engagée autour des consultations menées par Staffan de Mistura. La résolution 2797 avait appelé les parties à engager des discussions sans conditions préalables, en prenant en considération la proposition marocaine d’autonomie, tout en recherchant une solution politique définitive, mutuellement acceptable et conforme aux paramètres fixés par le Conseil de sécurité. Le dossier reste toutefois marqué par des divergences persistantes entre les parties. Le Maroc défend une solution qui fait l’objet d’un large consensus international fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, continue de revendiquer le droit à l’autodétermination.

Les derniers échanges diplomatiques n’ont pas encore permis de rapprocher suffisamment les positions. Dans ce contexte, le renouvellement de la MINURSO constitue un rendez-vous diplomatique majeur. Créée en 1991, la mission demeure un dispositif onusien de présence et de suivi sur le terrain. La question qui se pose désormais au Conseil est de savoir comment faire évoluer son mandat pour qu’il accompagne au mieux la nouvelle phase du processus politique, tout en préservant son rôle dans le suivi de la situation sur le terrain. L’exposé de Staffan de Mistura et les consultations du Conseil devraient ainsi permettre de mesurer l’état réel des efforts diplomatiques avant la décision sur la MINURSO. Le renouvellement du mandat pourrait constituer un indicateur important de la manière dont le Conseil entend articuler, à ce stade, le maintien de la mission sur le terrain et l’accélération du processus politique.

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