Al-Aqsa sous verrou sioniste : Ramadan de toutes les injustices  

Al Aqsa assiégé par la soldatesque israélienne.

À l’approche du mois sacré, les autorités israéliennes maintiennent de strictes limitations d’accès à la mosquée Al-Aqsa pour les fidèles palestiniens de Cisjordanie. Des mesures dénoncées par les responsables palestiniens comme une atteinte à la liberté de culte et au statu quo historique des lieux saints de Jérusalem.

Laila Lamrani

Les autorités israéliennes ont confirmé qu’aucun assouplissement des restrictions ne serait accordé durant le mois de Ramadan aux fidèles palestiniens originaires de Cisjordanie occupée souhaitant se rendre à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est.

Dans un communiqué ferme, le gouvernorat de Jérusalem a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « restrictions systématiques et discriminatoires ». Parmi les mesures annoncées figurent la limitation du nombre de fidèles autorisés à prier le vendredi à dix mille personnes, ainsi que l’interdiction d’accès pour les hommes de moins de 55 ans et les femmes de moins de 50 ans. Des dispositions jugées contraires à la liberté de culte garantie par les conventions internationales et le droit humanitaire. Pour les autorités palestiniennes locales, il s’agit d’une tentative manifeste de transformer un droit religieux fondamental en un privilège conditionné aux impératifs sécuritaires définis unilatéralement par la puissance occupante.

Le gouvernorat estime que ces décisions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à modifier l’équilibre démographique, religieux et juridique de la ville. Selon lui, ces restrictions participent d’un plan de judaïsation et d’annexion de Jérusalem, destiné à isoler la ville de son environnement palestinien et à imposer un fait accompli par la force. Ce qui est de nature à porter atteinte au statu quo historique et juridique régissant la mosquée Al-Aqsa et l’ensemble de l’esplanade des Mosquées.

Le communiqué rappelle que toutes les mesures prises par Ie colonisateur à Jérusalem-Est occupée à l’encontre des lieux saints islamiques et chrétiens sont, selon le droit international et les résolutions pertinentes des Nations unies, nulles et non avenues. Il souligne que le mois de Ramadan est un temps de recueillement et de dévotion, et que l’instauration de barrages militaires, de quotas et d’autorisations restrictives constitue une ingérence directe dans les affaires religieuses palestiniennes, ainsi qu’une atteinte aux prérogatives du Département islamique du Waqf, chargé de l’administration de la mosquée.

Au-delà d’Al-Aqsa, les responsables palestiniens dénoncent une politique plus large touchant l’ensemble de Jérusalem-Est, notamment à travers la démolition de quartiers palestiniens, en particulier ceux situés à proximité des lieux saints. Ces pratiques sont perçues comme relevant d’une logique de ségrégation et de pression démographique.

Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, le gouvernement criminel de Benjamin Netanyahu a renforcé les contrôles aux points de passage militaires, réduisant considérablement la possibilité pour les habitants de Cisjordanie d’accéder à Jérusalem-Est. Ces deux dernières années, seuls quelques Palestiniens ont obtenu des permis délivrés par l’armée israélienne, des autorisations décrites comme particulièrement difficiles à obtenir et soumises à des critères stricts.

L’ancien grand mufti de Jérusalem et président du Conseil suprême islamique de Jérusalem, le cheikh Ekrima Sabri, a dénoncé une politique qu’il qualifie de « raciste, injuste, illégale et inhumaine », estimant qu’elle prolonge des pratiques héritées de l’époque du mandat britannique en Palestine. Il a appelé la communauté arabe et musulmane à se mobiliser pour soutenir les Palestiniens d’Al-Qods et à défendre le droit des fidèles à accéder librement à leurs lieux saints. 

Les plus lus
[posts_populaires]
Traduire / Translate