Le Premier ministre Sébastien Lecornu a démissionné 27 jours après sa nomination par le président de la République — et 836 minutes après l’annonce de la composition de son gouvernement, soit le gouvernement plus court de la Cinquième République et dans l’histoire de l’UE. La France de record en record!
Laila Lamrani
L’instabilité politique s’est emparée de la France qui ne cesse de se surpasser pour s’offrir en spectacle qui suscite la dérision à l’étranger. Sébastien Lecornu, dernier Premier ministre nommé il y a un mois environ, a démissionné lundi 6 octobre 2025, quelques heures seulement après avoir présenté son gouvernement ! Après avoir promis des changements radicaux, Lecornu a formé une équipe qui a déçu même ses propres partenaires notamment le ministre de l’Intérieur le LR Bruno Retailleau qui voulait un cabinet sans Bruno Lemaire nommé ministre des Armées accuse d’être responsable de l’endettement colossal de la France du temps où il était ministre de l’Économie et des Finances. La démission inattendue de Lecornu a aggravé la crise politique, et ce n’est plus seulement le Parlement qui est en cause, mais aussi la pérennité du pouvoir d’Emmanuel Macron. La cheftaine du RN Marine Le Pen l’a exhorté à choisir entre la dissolution ou la démission.
Dans une dernière manœuvre désespérée, le président en sursis a demandé à M. Lecornu de faire un dernier tour de piste pour trouver une solution qui éloignerait la perspective des élections en dégageant notamment des compromis avec les forces de l’opposition, la PS en tête. M. Lecornu avait jusqu’à mercredi 8 octobre pour sauver la mise à son patron et une France paralysée. Un exercice très incertain dans le contexte politique actuel. Le pays traverse la pire crise politique et institutionnelle depuis des décennies. Cinq Premiers ministres en un an et demi, c’est trop pour n’importe quel pays. Mais le Premier ministre démissionnaire se montre optimiste. « J’ai de bonnes raisons de vous dire que parmi les bonnes nouvelles, l’ensemble des consultations que j’ai pu avoir avec la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Braun-Pivet, et avec le président du Sénat, Gérard Larcher, avec l’ensemble des formations politiques de l’UDI, de LIOT, des Républicains, de Place publique, du MoDem, d’Horizon, de Renaissance et d’autres, qu’il y a une volonté d’avoir pour la France un budget avant le 31 décembre de cette année », a-t-il déclaré, mercredi, depuis Matignon…
La France souffre d’un grave déséquilibre structurel, avec une dette publique colossale et l’atomisation de la carte politique. Le fait qu’aucun parti ne peut former une majorité cohérente empêche l’approbation d’un budget qui permettrait de redresser la barre d’un pays à la dérive.








