Iran : Trump choisit l’asphyxie économique faute d’issue militaire

Après six mois de guerre, Washington semble vouloir troquer les missiles contre les sanctions. Incapable d’obtenir une capitulation de Téhéran et confrontée à un conflit qui s’enlise, l’administration Trump intensifie la pression économique sur l’Iran. 

Cette stratégie vise à assécher les revenus du régime, à couper ses réseaux de financement et à faire payer très cher à ses partenaires étrangers toute coopération avec Téhéran. Mais l’efficacité de cette arme reste incertaine.

Le 24 août dernier, Washington a changé de registre. Après six mois d’affrontements directs avec l’Iran, la Maison Blanche a lancé une nouvelle offensive économique baptisée « Operation Economic Outcast ». Le département du Trésor américain a annoncé des sanctions visant plus de 60 entités, individus et navires accusés de contribuer aux revenus pétroliers iraniens, à l’acquisition de technologies nucléaires et balistiques ou encore aux opérations cybernétiques de Téhéran. Le message de Washington est sans ambiguïté : il ne s’agit plus seulement de punir l’Iran, mais de rendre son économie suffisamment étouffée pour contraindre ses dirigeants à revoir leur stratégie. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a lui-même parlé d’« asphyxie économique », en menaçant également les entreprises et les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran d’être privés d’accès au système financier américain. 

Une vieille recette américaine, donc, mais appliquée cette fois avec une ambition beaucoup plus large. Washington s’attaque au pétrole, au transport maritime, à l’aviation, aux technologies, à l’or et aux cryptomonnaies, autant de secteurs considérés comme des portes de sortie permettant à l’économie iranienne de contourner les sanctions. 

Le problème de Donald Trump est précisément là : la guerre qu’il avait présentée comme une opération susceptible de durer quelques semaines s’est transformée en conflit prolongé. Le 1er mars, au lendemain du déclenchement des opérations, le président américain avait évoqué une guerre pouvant durer « quatre à cinq semaines ». Six mois plus tard, les combats et les tensions persistent, tandis que le régime iranien n’a pas disparu et que Téhéran conserve des capacités de riposte.

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