Laila Lamrani
L’Espagne de Pedro Sanchez hausse le ton et ne fait plus semblant. Après avoir déjà interdit début mars l’accès des bases andalouses de Rota et Morón aux forces américaines, Madrid franchit un nouveau cap : son espace aérien est désormais fermé à toute opération liée à l’offensive contre l’Iran. Le message est limpide. Sous la bannière du « Non à la guerre », le chef du gouvernement Pedro Sánchez assume une ligne de rupture courageuse face à Donald Trump et à a guerre israélo-américaine au Moyen-Orient. Pour Madrid, la logique est implacable : aucun avion participant, de près ou de loin, à cette guerre injuste et illégale ne sera autorisé à survoler le territoire espagnol. Une position appuyée par le vice-président Carlos Cuerpo, qui dénonce un « acte unilatéral » contraire au droit international.
Concrètement, la décision va bien au-delà des bases militaires. Non seulement les appareils américains ne peuvent plus opérer depuis le sol espagnol, mais aucun vol impliqué dans cette offensive désastreuse ne pourra traverser le ciel du pays, qu’il vienne du Royaume-Uni, d’Allemagne ou de France. Seules des missions strictement logistiques échappent à cette interdiction. Sur le plan stratégique, l’impact est loin d’être anodin. Située sur l’un des principaux corridors aériens entre les États-Unis et le Moyen-Orient, l’Espagne devient un verrou qui risque de ralentir et compliquer les opérations militaires. Reste désormais à savoir comment réagira Washington. Déjà, début mars, Donald Trump avait brandi la menace d’un embargo commercial contre Madrid. Une pression qui pourrait rapidement passer du stade de la menace à celui des représailles. Mais Madrid est fort de la justesse de sa position.








