Laila Lamrani
C’est une nouvelle absurdité criminelle commise par l’extrême droite sioniste. Lndi 30 mars, la Knesset a adopté, par 62 voix contre 48, une loi instaurant la « peine de mort pour les terroristes » qui sont en fait des résistants contre l’occupation. Le texte est toutefois formulé de manière à ne s’appliquer qu’aux Palestiniens reconnus coupables de meurtres à caractère nationaliste. L’adoption de cette loi marque l’aboutissement de plusieurs années de forcing mené par les courants les plus extrémistes pour renforcer les sanctions à l’encontre des Palestiniens impliqués dans des actes violents contre des colons. Défendue par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, elle a également été soutenue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, présent au Parlement lors du vote. À l’issue de l’adoption, Itamar Ben Gvir s’est félicité de ce qu’il a qualifié de moment historique : « Nous avons fait l’histoire. Nous avons promis, nous avons tenu nos promesses. » Il a affirmé que cette mesure enverrait un message clair, en Israël comme à l’international, selon lequel toute atteinte à la vie serait désormais punie de la manière la plus sévère.
Cette décision a immédiatement suscité de vives réactions du côté palestinien. Le Ministère des Affaires étrangères palestinien a dénoncé «un crime » et « une escalade dangereuse», estimant que cette législation vise à donner une apparence légale à des exécutions extrajudiciaires. De son côté, le mouvement Hamas a condamné une loi qui, selon lui, reflète une logique de violence et remet en cause les principes fondamentaux du droit international. Cette loi a aussi été dénoncée par plusieurs organisations internationales dont le Conseil de l’Europe. Alain Berset, secrétaire général de l’institution, a estimé que la peine de mort est un « anachronisme juridique incompatible avec les standards contemporains en matière de droits humains. »
La Commission européenne a aussi critiqué la nouvelle loi israélienne : “Il s’agit clairement d’un net recul : tant l’introduction de la peine de mort, que le caractère discriminatoire de la loi », a dénoncé un porte-parole, Anouar El Anouni. Du côté des pays de l’UE, l’Espagne et l’Allemagne ont été les deux premiers à s’exprimer. Cette loi représente « un pas de plus vers l’apartheid », dénonce le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. « Il s’agit d’une mesure asymétrique qui ne s’appliquerait pas aux Israéliens qui commettraient les mêmes délits. Même crime, peine différente. Ce n’est pas de la justice », a-t-il indiqué sur X. « Le monde ne peut pas se taire », a-t-il conclu.
Au-delà des réactions immédiates, cette loi criminelle risque d’accentuer les tensions déjà vives dans la région ou le facteur de déstabilisation et de tensions n’est autre que l’occupation sioniste de la Palestine.








