Propos recueillis par Laila Lamrani
Après la défaite des Lions de l’Atlas en finale de la CAN 2025, Walid Regragui a donné sa conférence de presse la plus confiante de sa carrière. Entre justifications improbables et promesses grandioses pour 2026, le peuple marocain peut au moins se consoler : avec Regragui, rien n’est jamais perdu… tant qu’on croit à ses plans foireux .
La CAF a sanctionné des joueurs des deux camps ainsi que le sélectionneur sénégalais après les incidents de fin de match, mais pas vous. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ?
Écoutez, j’imagine que la CAF a estimé que provoquer l’arrêt d’un match, créer le chaos et faire monter la tension, ça mérite une sanction. Rester sur son banc, subir, et regarder le désordre s’installer… manifestement non. Comme quoi, parfois, ne rien faire est la seule chose qui sauve…
Deux CAN dont une à domicile sans trophée que vous avez ratées … Comment expliquez-vous ces déroutes successives ?
Eh bien… Le foot, c’est cruel. C’est comme ça. On gagne parfois, on perd parfois. Il n’y a pas de recette miracle.
Le penalty manqué de Brahim Diaz, tenté à la panenka dans le temps additionnel, a brisé l’élan de toute une équipe et plongé le pays dans la stupeur. Avec le recul, estimez-vous qu’un tel choix technique était approprié à un moment aussi décisif ?
Une panenka, c’est un geste pour les soirées tranquilles, pas pour offrir un sacre à tout un pays. À ce moment-là, on ne joue pas avec le gardien, on respecte l’instant… et la nation qui retient son souffle. Là, on a surtout offert un résumé pédagogique sur ce qu’il ne faut pas faire quand cinquante millions de cœurs attendent un but.
Mais vos choix en attaque et votre banc de touche inopérant ont été largement critiqués. Certains joueurs n’ont rien apporté à l’équipe……
Écoutez, chaque joueur a fait de son mieux. Parfois, le ballon ne veut juste pas entrer. C’est la loi du foot. Et puis, vous savez, ce n’est pas tous les jours que le terrain est gentil avec vous.
Comment justifiez-vous un banc rempli de joueurs blessés, alors que des attaquants performants des U20 champions du monde et de la sélection locale, vainqueur de la Coupe arabe, auraient pu dynamiser votre attaque ?
Parce qu’au football, on ne gagne pas seulement avec du talent et des jambes fraîches, mais aussi avec des dossiers médicaux bien remplis. Plus sérieusement, j’ai fait des choix… discutables aujourd’hui, visionnaires hier, incompris demain. C’est ça, le charme du banc.
Et le public marocain, qui attendait ce sacre depuis près de 50 ans … Il est de démoralisé pour la énième fois alors que vous lui avez promis le sacre en 2025…
Le public est formidable. Il nous encourage toujours, et nous, on fait de notre mieux. Des fois, ça passe… des fois, ça casse. Il faut accepter ça.
Et pourtant, beaucoup de moyens ont été mobilisés : infrastructures, préparation, confort des joueurs… Est-ce que tout ça n’était pas important ?
Ah, les moyens… ! C’est comme acheter un bon couteau : ça coupe mieux… mais si vous ratez la recette, vous ratez le plat.
Donc, vous assumez pleinement cette déconvenue ?
Je l’assume… parce que c’est le foot. Et puis… La prochaine fois, qui sait, le ballon sera peut-être de notre côté. Le foot, c’est cruel… mais pas désespéré ! On a raté cette CAN, mais souvenez-vous : on est arrivés en demi-finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Donc, la coupe du monde 2026 ? Elle sera pour nous. Promis.
Vous plaisantez ?
Non, les Marocains doivent garder espoir. Parce qu’après tout, si vous avez survécu à des défaites successives depuis 1976 et aux critiques les plus acerbes, vous pouvez survivre à tout ! Et la Coupe du Monde 2026, ce sera notre revanche. Tant qu’à promettre… autant rêver grand !
Ce n’est pas ainsi que vous allez rentrer dans l’histoire de la CAN et l’Histoire tout court…
Peut-être pas… mais l’histoire n’a pas encore entendu parler de nous pour 2026. Et puis, le football, c’est comme les surprises dans un couscous : parfois, le meilleur vient à la fin.
Un dernier mot pour des millions de supporters déçus et en colère ?
Marocains, Continuez à croire, continuez à rêver ! Ne remisez pas vos drapeaux, vos banderoles, vos chants, vos klaxons. Le football, c’est de l’émotion, des surprises, et parfois des désillusions. Mais rassurez-vous : chaque échec est une étape vers la victoire. Et moi, Regragui, je vous promets que 2026 sera un chapitre que personne n’oubliera…Et croyez-moi, dans le foot, rien n’est perdu… tant qu’on promet quelque chose de plus grand en vous faisant rêver avant le réveil brutal …








