La Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants de stations-service (FGNPS) a décidé de snober le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable. Motif: la réunion du 26 septembre sur le marquage des produits pétroliers serait « dépourvue de légitimité » tant que la Fédération, considérée comme le représentant légal du secteur, n’y est pas conviée.
Laila Lamrani
Dans un communiqué, la FGNPS dénonce : « nous n’avons jamais cessé d’adresser des correspondances à la ministre depuis près d’un an, sans recevoir la moindre réaction ». Les professionnels rappellent que leurs demandes portent notamment sur « les ventes hors stations-service, un phénomène qui fragilise la rentabilité des exploitants », ainsi que « les abus de certaines compagnies pétrolières vis-à-vis de leurs franchisés ».
Un marquage qui fait grincer
Le projet de loi de Finances 2026 prévoit la mise en place d’un dispositif de marquage des produits pétroliers, en collaboration avec le ministère de l’Énergie, pour « répondre aux enjeux fiscaux liés aux hydrocarbures et prévenir les diverses formes de fraude ». Pour la FGNPS, ce programme reste pour l’instant théorique. « Le marquage ne règlera pas les problèmes structurels du secteur », avertissent les professionnels, qui redoutent que la mesure ne plombe encore les petites stations avec des coûts supplémentaires et des contraintes techniques.
Un marché parallèle
La Fédération tire également la sonnette d’alarme sur le développement d’un « marché noir ». Selon elle, « le carburant de certaines stations est parfois revendu, en dehors des sites officiels et des règles en vigueur ». S’y ajoutent des dépôts clandestins stockant du carburant sans respecter les normes de sécurité et des circuits d’approvisionnement opaques échappant au contrôle des autorités sévissent dans l’impunité totale. Ces pratiques représentent, selon les professionnels, « un risque réel pour la sécurité des salariés et des riverains ». Bonjour le plein…de risques !
Sur le plan économique, la FGNPS dénonce des « prix préférentiels accordés aux gros clients » qui dépassent les marges des détaillants, laissant certaines petites stations « dans l’incapacité de rivaliser ». La prolifération des stations-service sur le territoire est qualifiée de « bombe à retardement », menaçant la viabilité des petites structures et l’équilibre du marché.
La Fédération prévient qu’elle ne reconnaîtra aucune décision issue de la réunion prévue sans sa participation et annonce des actions de protestation, allant de manifestations devant le ministère jusqu’à un appel à la grève générale des stations-service, dont la date sera communiquée ultérieurement.
Les professionnels insistent : « nous ne sommes pas contre la lutte contre la fraude ou la protection des consommateurs, mais nous refusons des décisions non concertées et exigeons des garanties légales et techniques pour assurer la stabilité du marché et la protection de milliers de stations qui emploient de nombreux salariés ».








