L’Algérie des caporaux vacille. Déboussolée comme jamais. Fragilisée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité qui entérine le plan marocain d’autonomie pour le Sahara, elle se retrouve à court de cartes, d’arguments et d’alliés. Sa diplomatie bâtie principalement sur la haine du Maroc s’est dissoute dans l’acide de la chimère polisarienne.
En pleine débâcle diplomatique et politique, le régime, acculé et aux abois, multiplie les gestes désespérés pour sauver ce qui peut l’être.
Dernière reculade : la grâce accordée à l’écrivain Boualem Sansal, qu’elle jurait pourtant de ne jamais relâcher. Une pirouette politique qui en dit long sur l’état de panique dans les couloirs du pouvoir. Face à sa déroute retentissante sur la scène internationale et à la menace potentielle des sanctions américaines, Alger a choisi la capitulation déguisée en geste humanitaire.
Après un bras de fer de plus d’un an avec la France, voilà l ’Algérie qui rase les murs, capitulant sous le poids de ses propres déboires. L’hiver diplomatique a eu raison d’un régime qui, entre sanctions US à l’horizon et débandade sur tous les fronts, se met soudainement à rêver d’un bon vieux réchauffement… diplomatique.
Fini les grandes envolées faussement nationalistes et les bras d’honneur à Paris, place au téléphone rouge, aux petits sourires gênés et aux appels du pied désespérés. Alger, qui a perdu sur toute la ligne, réalise que se mettre à dos ses alliés traditionnels les plus bienveillants était un réflexe suicidaire…
Dans ce grand spectacle du pouvoir en mode « panique à bord », la diplomatie devient une course contre la montre où le mot d’ordre est clair : « On négocie, on supplie, on s’excuse — tout sauf le naufrage ». Après tout, quand on a tout perdu, mieux vaut un câlin tiède que de finir seul dans son coin à grelotter sous la glace de l’isolement. Un régime qui a tout perdu — crédibilité, alliés, et même ses propres illusions — cherche désormais à éviter le naufrage complet en négociant un petit retour en grâce.
Cruel retournement de manivelle! Mais le désespoir renforce la comédie. Le régime tente de masquer son isolement et son désarroi derrière des décisions qui n’effaceront ni ses turpitudes ni son déclin. Pendant ce temps, la communauté internationale observe, impassible, le spectacle d’un pouvoir en pleine déconfiture, qui essaie encore de sauver les meubles…et la peau de sa caste en treillis. La crainte de se voir infliger le sort du Venezuela, pays paria sur la scène internationale et dont le président Nicolas Maduro est inculpé aux Etats-Unis, a dû alarmer les maîtres d’Alger qui ne sont plus maîtres de leur destin.
Malgré son isolement croissant, l’Algérie des généraux reste un verrou stratégique que ni la France, ni le Maroc – ni même l’Europe – ne souhaitent voir basculer dans le chaos. Car derrière l’autoritarisme et les postures idéologiquement anachroniques, il y a une réalité sécuritaire potentiellement dangereuse : un effondrement du régime pourrait plonger tout l’espace maghrébin dans une instabilité durable, avec des répercussions sécuritaires directes sur les frontières marocaines, le Sahel et les côtes européennes.
En fait, personne ne veut d’une « Libye bis», et encore moins d’un voisin ingérable à la frontière sud de l’Europe. Résultat : le régime algérien, bien que fragilisé, survit aussi par crainte d’un chaos pire que l’immobilisme.








