Ahmed Zoubaïr
Au moment où le Maroc mise sur la Coupe d’Afrique des Nations pour séduire le monde et attirer davantage de touristes, nombre d’opérateurs profitent de l’occasion pour gonfler les prix. Cet opportunisme connu sous le nom de “Lhamza” menacede faire fuir les visiteurs avant même le Mondial 2030.
Le football rassemble, l’hospitalité enchante… et certains prestataires de service, eux, encaissent sans complexe. Depuis le coup d’envoi de la CAN, une frénésie tarifaire s’est emparée de bien des cafés, hôtels et agences, bien décidés à transformer la passion du ballon rond en jackpot express.
Exemple frappant : un hôtel en bord du Bouregreg où l’on vous sert une tasse de café médiocre à… 90 dirhams. Non, ce n’est pas un café au caviar, juste un expresso au goût douteux. Menus sans âme à prix dorés, chambres d’hôtes qui n’ont d’accueillant que le nom mais facturées comme des palaces : certains semblent avoir confondu “Coupe d’Afrique des Nations” avec “Coup de pompe au portefeuille”.
Derrière cette ruée vers l’or noir (du café), une logique aussi vieille que le monde : profiter d’un événement international pour faire flamber les prix, en espérant remplir les caisses avant la fin du match. Peu importe si l’image du Maroc en prend un sérieux coup ou un carton rouge. Pourtant, les pouvoirs publics ont misé gros pour faire de la CAN une vitrine d’un Maroc accueillant, festif, hospitalier. Une invitation à revenir. Pour fidéliser…
Mais à force de prendre les visiteurs pour des pigeons, certains opérateurs pourraient bien transformer cette fête continentale en repoussoir touristique. La CAN devait être un moment de fierté collective. À ce rythme, elle risque de laisser un arrière-goût amer… à 90 dirhams la gorgée.
D’où l’urgence d’un contrôle des prix. Car derrière ces dérives, c’est la crédibilité d’une destination qui vacille. La CAN n’est pas qu’un événement sportif, c’est un test grandeur nature pour l’hospitalité marocaine. Et quand certains prestataires confondent accueil avec arnaque, c’est tout un pays qui en paie le prix.
Il est donc temps que les autorités compétentes – tourisme, commerce, collectivités locales – serrent la vis. Contrôles renforcés, sanctions dissuasives, charte des prix affichée : le service ne peut être laissé au bon vouloir mercantile et opportuniste. L’expérience touristique, elle, ne se limite pas aux stades. Elle commence dans la rue, au comptoir d’un café, devant un menu et dans une chambre d’hôtel.
Offrir un Maroc juste, accessible, où les prix riment avec qualité et non cupidité : voilà le vrai défi pour transformer cette CAN en levier durable du tourisme national. Et puis, il y a 2030. L’échéance mondiale. Le rendez-vous planétaire. Le Maroc ne coorganise pas seulement une Coupe du monde avec l’Espagne et le Portugal : il se prépare à accueillir les regards de milliards de spectateurs, de visiteurs, de curieux.
Ce qui se joue aujourd’hui dans les cafés, les hôtels ou les agences de location de voiture pendant la CAN est donc bien plus qu’un épisode passager. C’est un avant-goût de ce que le pays devra offrir demain : un accueil digne, des prix corrects et transparents, des prestations à la hauteur de l’ambition. Car si, en 2025, certains prestataires voient dans chaque touriste un portefeuille ambulant, que penseront les foules attendues en 2030?
L’image d’un pays se construit par les gestes du quotidien.
Parfait. Voici une chute retravaillée en intégrant cette idée :
Et quand la Coupe du monde lancera le coup d’envoi, il ne s’agira plus de jouer à “Lhamza” : l’enjeu ne sera pas d’empocher vite, mais de briller longtemps, au-delà de 2030… Le tourisme ne pardonne pas les fautes de réputation.








