Réuni le mardi 17 mars à l’occasion de sa première session trimestrielle de l’année, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de reconduire son taux directeur à 2,25%, estimant que ce niveau demeure en adéquation avec les équilibres économiques actuels, tant sur le plan national qu’international. Cette décision intervient après un examen approfondi des perspectives macroéconomiques et des risques entourant la conjoncture. La banque centrale privilégie ainsi une posture d’attentisme, dans un environnement marqué par de fortes incertitudes, notamment sur le front géopolitique et énergétique.
Le Conseil a relevé que l’inflation a récemment montré des signes de modération, soutenue par une amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et un recul relatif des prix des carburants. Toutefois, cette accalmie reste fragile. L’institution monétaire met en garde contre les aléas liés à l’évolution des cours internationaux de l’énergie et aux tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, susceptibles d’alimenter de nouvelles pressions sur les prix. Ces facteurs externes pourraient également peser sur les équilibres extérieurs du Maroc, notamment via la facture énergétique et les importations de matières premières. Sur le plan interne, la banque centrale observe une dynamique positive dans les secteurs non agricoles, portée par la poursuite des investissements, notamment dans les infrastructures.
Parallèlement, la campagne agricole s’annonce favorable, ce qui devrait soutenir la croissance globale et contribuer à stabiliser les prix alimentaires. Dans ce contexte, le scénario central de Bank Al-Maghrib table sur une inflation maîtrisée à moyen terme, ce qui conforte le choix de maintenir le taux directeur inchangé.
Un statu quo largement anticipé par les marchés
La décision n’a pas surpris les opérateurs économiques. Les marchés et les investisseurs avaient majoritairement intégré l’hypothèse d’un maintien du taux à 2,25%, compte tenu du climat international incertain et du besoin d’évaluer pleinement les effets des ajustements monétaires déjà opérés. Pour les entreprises et les ménages, ce statu quo prolonge un environnement de financement relativement accommodant, comparé à la phase de resserrement monétaire observée à l’échelle mondiale ces dernières années. Toutefois, la question de la transmission effective de ces conditions aux taux appliqués par les banques reste posée.
La banque centrale a, à ce titre, réaffirmé son approche prudente et flexible, indiquant qu’elle continuera d’ajuster sa politique « réunion par réunion », en fonction de l’évolution des indicateurs économiques et des risques identifiés. w








