Visite du pape en Algérie : Le grand show «peace and love» a fait boum…

Les deux terroristes ont été tués sur le coup, tandis qu’un policier aurait été blessé lors de l’intervention.

Laila Lamrani

Le régime algérien avait pourtant bien préparé son décor. Drapeaux proprets, gardes souriants, discours lénifiants sur la tolérance et la fraternité… Tebboune espérait offrir au pape Léon XIV, et surtout au monde entier, l’image d’un pays apaisé, propre sur lui, rangé des voitures piégées. Un Algérie « peace and love »! Sauf que voilà : les kamikazes n’avaient visiblement pas reçu le mémo. Lundi 13 avril, alors que le souverain pontife entame sa visite historique sous haute protection, deux terroristes équipés de ceintures explosives décident de rappeler à tout le monde que l’Algérie profonde n’a rien d’une carte postale œcuménique.

L’un est neutralisé devant la direction de la sûreté de Blida, l’autre près d’un lieu que personne n’a réussi à localiser – sans doute trop occupé à courir après sa propre bombe. D’après des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont déclenché leurs charges explosives à proximité immédiate du bâtiment des services de sécurité. Les policiers présents auraient réagi rapidement. Les deux terroristes ont été tués sur le coup, tandis qu’un policier aurait été blessé lors de l’intervention. Selon Le Monde, les deux présumés terroristes auraient activé leur ceinture un peu trop tôt, après avoir été repérés par un policier en faction. Panique, bouton appuyé par erreur, et boum ! Le problème n’est pas tant l’attentat lui-même – après tout, ça arrive même aux meilleurs – mais le silence assourdissant qui l’entoure. Les médias algériens ? Muets comme des carpes. Le gouvernement ? Pas un communiqué, pas un mot, pas une phrase pour rassurer. Rien. Comme si ignorer un attentat le ferait disparaître. Une technique de gestion de crise digne d’une autruche sous amphétamines.

Pendant ce temps, le pape continue sa visite sous haute sécurité – très haute, même, puisque les terroristes n’ont même pas réussi à s’approcher d’une cible. Mais l’image, elle, est là, ravageuse : l’Algérie, ce pays que le régime anachronique et aux abois voulait présenter comme un havre de paix religieuse et de stabilité à toute épreuve, voit son décorum voler en éclats – littéralement. La dernière attaque terroriste sur le sol algérien remontait à 2017, à Tiaret. Sept ans de calme relatif, soigneusement entretenus par une communication officielle qui aimait rappeler que « la menace terroriste est définitivement éradiquée ». Mais voilà, l’Histoire a un sens cruel de l’ironie : c’est au moment précis où les projecteurs du monde entier sont braqués sur Alger que deux kamikazes décident de sortir du bois. Coïncidence ? Probablement. Symbole ? Assurément.

Bref, le régime algérien voulait une visite papale sereine, des images de communion interreligieuse et une couverture médiatique élogieuse. Il a eu des explosions, des morts , un black-out médiatique suspect, et la désagréable sensation que ses « preuves de paix » viennent de prendre l’eau. Peace and love? Pas vraiment. Plutôt silence and boum. Moralité : quand on veut vendre de fausses images, mieux vaut s’assurer que les kamikazes n’ont pas réservé la même date.

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