Adultère à Foundever : Surpris en train de tromper son employeur avec… un syndicat ! 

Nouveau rebondissement dans le feuilleton surréaliste qui agite Foundever Maroc, sur son site casablancais, depuis des semaines. Le salarié dans le collimateur de la direction, dont le Canard a déjà raconté la genèse de ses tribulations, a reçu une deuxième convocation de la DRH pour une « réunion d’écoute » fixée au 29 mai. Soit en pleine fête du sacrifice. On ne se moque pas du timing.

Cette fois, la musique change dans l’acte d’accusation. Dans la première convocation, datée du 19 mai, on lui reprochait d’avoir porté une « atteinte grave à l’image et à la réputation de l’entreprise » en brandissant une pancarte syndicale lors de la fête du 1er mai – geste somme toute banal, relevant de la liberté syndicale, mais que l’employeur, dans sa grande mansuétude, a requalifié en forfaiture absolue. Dans la seconde, envoyée par huissier de justice, ce représentant du personnel fraîchement élu se voit désormais accusé d’« agissements susceptibles de constituer un manquement aux obligations professionnelles de confidentialité et de loyauté, ainsi qu’aux règles d’utilisation des moyens de communication ».

Savourons l’accusation et son charme fascinant : défaut de loyauté ! Ainsi, le salarié visé devient soudain l’équivalent d’un conjoint infidèle, surpris en pleine liaison coupable avec… le syndicalisme. On n’est plus dans le contrat de travail, mais dans un serment féodal. On attend presque de voir débarquer la DRH en robe noire, flanquée d’un curé et de deux témoins, pour demander : « Promettez-vous fidélité à votre employeur pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que le licenciement vous sépare ? »

Quant à la « confidentialité », le mystère demeure entier. Peut-être que la banderole incriminée contenait des informations classées secret défense. Peut-être révélait-elle l’existence d’un bunker caché sous l’open space, ou la recette secrète du café lyophilisé de la salle de pause. À moins qu’elle n’ait dévoilé le véritable secret industriel du centre d’appels : l’art sophistiqué d’exploiter des salariés sous pression permanente, pour des salaires de misère, avec en prime un abonnement gratuit au burn-out. Car dans bien des centres d’appels, la seule donnée vraiment sensible n’est ni un fichier client ni une stratégie commerciale : c’est le fragile équilibre qui permet de faire tourner la pompe à fric avec des téléopérateurs épuisés, chronométrés jusqu’à leurs pauses pipi, et sommés de sourire au téléphone pendant que leur santé mentale vacille.

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