Bétail d’importation : L’exécutif persiste et saigne ?

Des exonérations fiscales en série sans impact sur les prix des viandes rouges…

Le Conseil de gouvernement  vient d’adopter un nouveau décret suspendant les droits d’importation sur les bovins, les ovins, les caprins, les camélidés ainsi que sur leurs abats. Mieux encore, le quota de bovins bénéficiant de cette exonération est doublé, passant de 150.000 à 300.000 têtes.

Officiellement, l’objectif reste inchangé : renforcer l’approvisionnement du marché, reconstituer le cheptel national et faire baisser les prix de la viande. Une promesse que les consommateurs entendent… à chaque nouvelle vague d’exonérations.

Mais dans les boucheries, le miracle tarde toujours à se produire. Le kilogramme de bœuf se négocie encore entre 120 et 130 dirhams le kilo contre 140 à 150 pour l’agneau. Les exonérations se multiplient, mais les prix, eux, semblent bénéficier d’une étrange immunité.

Les professionnels ressassent la même rengaine en invoquant  la faiblesse de l’offre locale, le coût des aliments pour bétail, des intrants et du transport. Des arguments peu recevables, qui n’effacent pas une interrogation qui coule de source  : combien de dérogations fiscales, de subventions et de quotas supplémentaires faudra-t-il encore accorder avant que le consommateur n’en voie enfin la couleur ?

À ce rythme, une certitude s’impose : les exonérations sont réelles , mais la baisse des prix, elle, reste virtuelle. Une chose est sûre : si le consommateur attend toujours une baisse des prix qui n’arrive pas, les heureux importateurs, eux, n’attendent plus les exonérations… ils les considèrent désormais comme un acquis. A force de les engraisser…

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