Élections législatives : 15 ministres dans la bataille

Parmi les ministres candidats figurent plusieurs poids lourds de la majorité.

Ahmed Zoubaïr

À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre 2026, la campagne commence déjà à se jouer, en partie, autour d’une question qui en dit long sur les rapports de force au sein de la majorité : faut-il être au gouvernement pour gouverner… ou sur le terrain pour convaincre les électeurs ? Sur les 31 membres que compte l’Exécutif, 15 ont choisi de se présenter aux élections législatives. Autrement dit, près de la moitié du gouvernement sortant va directement solliciter les suffrages des Marocains, tandis que 16 ministres ont préféré ne pas entrer dans la compétition électorale. Parmi les ministres candidats figurent plusieurs poids lourds de la majorité. La ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, Fatima-Zahra El Mansouri, défendra les couleurs du PAM dans la circonscription de Médina-Sidi Youssef Ben Ali. Dans les rangs de l’Istiqlal, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, sera également de la bataille électorale.

Le PAM sera par ailleurs présent avec Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, tandis qu’Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, se présente à Taroudant-Nord. Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, figure lui aussi parmi les membres de l’Exécutif engagés dans la course. À Taroudant, Lahcen Saadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, sera également candidat.

Face à eux, 16 membres du gouvernement ont fait le choix de ne pas briguer de mandat parlementaire. Parmi eux figurent notamment Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique et de l’Emploi, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi qu’Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale. Cette différence de stratégie n’est pas anodine. Pour les uns, descendre dans l’arène permet de défendre directement leur bilan, de mesurer leur popularité sur le terrain et de transformer leur expérience gouvernementale en capital électoral. Pour les autres, rester à distance de la compétition peut relever d’un choix institutionnel, d’une volonté de conserver une certaine réserve ou, plus simplement, la peur de se ramasser une veste. 

Car pour les ministres candidats, l’enjeu est double. Ils ne demandent pas seulement aux électeurs de leur renouveler leur confiance : ils leur demandent, implicitement, de se prononcer sur l’action du gouvernement auquel ils appartiennent. La campagne risque donc de prendre, pour certains, des allures de grand oral. Pouvoir d’achat, emploi, santé, éducation, investissement, infrastructures ou encore coût de la vie : autant de sujets sur lesquels les ministres candidats devront défendre leurs réalisations, mais aussi répondre aux frustrations qui ont marqué le mandat. Le scrutin du 23 septembre constituera ainsi un test à plusieurs niveaux : pour les partis de la majorité, naturellement, mais aussi pour leurs figures gouvernementales. Ceux qui ont choisi de retourner devant les électeurs vont devoir transformer leur bilan en argument de campagne. Ceux qui ont choisi de ne pas y aller observeront, eux, les résultats depuis les coulisses.

Une chose est certaine : cette élection ne sera pas seulement un rendez-vous entre partis et électeurs. Pour quinze membres de l’exécutif, ce sera aussi un rendez-vous beaucoup plus personnel avec les urnes.

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