Le droit international est mort, vive la loi du plus fort !

Les massacres des Gazaouis et la destruction de leur ville par les sionistes illustrent parfaitement la connivence occidentale.

Sans règles respectées par tous, les principes universels risquent de devenir de simples déclarations sans portée réelle.

AHMED Zoubaïr

Il fut un temps où l’on croyait encore que le droit pouvait contenir la loi du plus fort. En 1918, les « quatorze points » du président américain Woodrow Wilson consacraient un principe fondateur : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette idée devait devenir l’un des piliers du droit international moderne, une promesse d’équilibre entre les nations, grandes ou petites. Un siècle plus tard, cette ambition est devenue plus fragile que jamais.

Car aujourd’hui, le droit international apparaît souvent impuissant face aux rapports de force géopolitiques. Les résolutions de l’ONU s’accumulent sans véritable effet contraignant, tandis que certaines puissances ou certains dirigeants agissent au-dessus des règles communes. Le Conseil de sécurité, paralysé par les vétos et les intérêts contradictoires des grandes puissances, donne l’image d’une institution incapable d’imposer le respect du droit lorsqu’il se heurte aux logiques de puissance.

La tragédie palestinienne cristallise depuis des décennies cette crise de crédibilité. Certes, plusieurs États ont reconnu l’État palestinien et multiplié les déclarations diplomatiques. Mais quelle portée peuvent avoir ces gestes symboliques lorsqu’un peuple continue de subir bombardements, assassinats de masse, déplacements forcés, destructions massives, spoliations et privations humanitaires ? À Gaza, des mois de siège et de blocage de l’aide humanitaire sur fond de massacres de civils sans défense ont provoqué une catastrophe dénoncée par plusieurs organisations internationales. Des rapports onusiens évoquent même des actes génocidaires et des violations graves du droit international humanitaire. 

Selon une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU, les destructions d’infrastructures civiles, l’effondrement du système de santé, les restrictions alimentaires et l’ampleur des pertes humaines pourraient relever de plusieurs critères définis par la Convention de 1948 sur le génocide. Pourtant, malgré la gravité exceptionnelle de ces accusations, les réactions internationales restent profondément divisées, alimentant dans de nombreuses régions du monde le sentiment d’un « deux poids, deux mesures ».

Cette perception est renforcée par d’autres épisodes récents. L’interception par l’armée sioniste de militants pro-palestiniens dans les eaux internationales, les conflits oubliés au Soudan, au Congo ou au Mali, ou encore les tensions autour de l’Iran illustrent une réalité de plus en plus brutale : les crises se succèdent, se superposent et finissent par être hiérarchisées selon les intérêts stratégiques des grandes puissances. Une guerre chasse l’autre, et l’émotion internationale devient sélective.

Mais une question fondamentale s’impose : le monde veut-il encore être gouverné par des règles communes, ou accepte-t-il progressivement le retour assumé de la loi du plus fort ? Malgré ses limites, le droit international reste le principal rempart contre l’arbitraire et contre la domination des plus puissants sur les plus faibles. Beaucoup plaident désormais pour une réforme profonde des institutions internationales, notamment du Conseil de sécurité de l’ONU et du droit de veto, afin de rétablir une forme d’équilibre et d’égalité entre les nations.

Car sans règles respectées par tous, les principes universels risquent de devenir de simples déclarations sans portée réelle. Et lorsque le droit cesse d’être appliqué de manière équitable, c’est l’idée même d’un ordre international fondé sur la justice qui vacille.

Les plus lus
[posts_populaires]
Traduire / Translate