Lhaj Miloud a constaté que les journalistes algériens ont atteint, ces derniers temps, le fond du désespoir… Et pas seulement les rédacteurs politiques qui ne se sont pas encore remis des multiples succès diplomatiques enregistrés par notre pays, avec, en apothéose, l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla… Et comme on les comprend ! De quoi vous dégoûter définitivement du métier, et vous pousser à solliciter dare-dare un départ volontaire ! Mais en Algérie comme ailleurs, on ne sort pas du hammam comme on y entre ! Et on n’abandonne pas le terrain à « l’ennemi » aussi vite qu’on le voudrait lorsque l’on a comme patron les renseignements généraux… Euhhhh, je voulais dire pour la presse nationale… Même si, comme vous les amis, Lhaj Miloud ne voit pas trop la nuance !
Il ne s’agit pas non plus des journalistes spécialisés en économie, d’autant plus qu’en la matière, le tour est vite fait… Puisqu’il n’est question entre eux que d’hydrocarbures et… D’hydrocarbures ! Journalistes qui, en l’occurrence, seraient plutôt à classer dans la catégorie d’apprentis sorciers spécialisates des problèmes économiques insolubles… Et des problèmes économiques, tous plus insolubles les uns que les autres, ce n’est pas ce qui manque dans ce grand pays par sa superficie, leader du tiers monde en ratage de projets, qui s’est lamentablement planté dans tout ce qu’il a entrepris depuis son indépendance !
Lhaj Miloud s’intéresse aujourd’hui aux journalistes algériens spécialisés dans le domaine sportif… Qui, entre deux commentaires amers concernant la partialité de l’arbitrage africain qui a toujours lésé l’invincible équipe des Fennecs, débattent à l’infini sur… Le Maroc et la question du Sahara, dernier territoire encore non décolonisé en Afrique ! Et ce qui leur est resté en travers de la gorge, vous l’avez tous deviné, c’est la nomination de Fouzi Lekjaa au comité exécutif de la FIFA, alors que le représentant de la fédération algérienne s’est fait éjecter sans ménagement comme un malpropre ! Une insulte à la grande Algérie ! Inutile de vous dire que le malheureux en prend pour son grade, et pour un peu, on appellerait le peuple à son lynchage !
Il faut les voir s’indigner, crier au complot et aux manœuvres sournoises du Makhzen qui travaille « fi al kaoualiss » ! Se faire battre par n’importe qui mais surtout pas par un Marocain… Et surtout pas par Lekjaa, leur bête noire… Ils s’en étranglent d’indignation, les journaleux « khawas, khawas » ainsi que leurs invités « triés sur le volet »… Tous unis contre le Maroc par une haine viscérale qui vire à l’obsession… C’est à qui insultera le plus ! Mais il faut sans doute au moins ça pour se faire bien voir par la hiérarchie, et ne pas être taxés de « khawanas »… D’où une surenchère d’invectives et d’insultes et tout invité objectif serait illico presto catalogué de vendu au Makhzen, et risquerait la déchéance de nationalité !
Mais pire encore, et parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, le Maroc les aurait roulés dans la farine comme des amateurs, en fermant définitivement la porte de la CAF au Polisario, leur rejeton bien aimé, qui décidément, n’arrivera jamais à voler de ses propres ailes… Oui, le Maroc aurait sournoisement fait passer un amendement à l’article 4 de la charte de la CAF, lequel stipulait que la Confédération africaine « était ouverte à toutes candidatures d’associations nationales africaines comme représentants officiels gérant le football dans leurs pays respectifs ». Mais ça c’était avant l’amendement proposé par les cyniques manœuvriers marocains ! Puisque désormais, « seuls les représentants des pays indépendants et membres de l’ONU seront admis au sein de la CAF »… Et il ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas du Polisario ! Par contre, cette « subtilité » a complètement échappé au représentant de la fédération algérienne qui ne s’y est pas opposé lors du vote…
« Au lieu de voter contre, il s’est simplement abstenu, ce traître », s’époumonent les grands analystes patriotes… Le malheureux essaiera en vain de se justifier après coup en reconnaissant la grosse gaffe commise lors du vote de la CAF, n’ayant pas vu la ficelle, pourtant grosse somme une corde ! Ignare oui, traître jamais ! Quand on ne sait pas, on demande, nom de Dieu ! Et la meute de clamer, à l’unisson, que la moindre des choses aurait été, dans le doute, de solliciter des orientations auprès des autorités « compétentes » de son pays ! Du ministère de la Jeunesse et des Sports ? Que nenni ! Plutôt du Ministère des Affaires Étrangères, qu’ils auraient mieux fait de qualifier de ministère des Affaires Sahraouies, voire directement du Secrétariat de la Présidence ! Il y va des intérêts supérieurs de la nation algérienne… Que l’on croyait pourtant non partie prenante dans l’affaire du Sahara, niais que nous sommes !
En tout cas, pour ce qui est de Lhaj Miloud, et toute réflexion faite, cela ne l’aurait pas dérangé outre mesure que le Polisario sollicite son intégration à la CAF… Mais à condition qu’il démontre qu’il dispose d’effectifs footballistiques suffisants…Sachant que pour avoir un nombre de licenciés suffisant en vue d’organiser un championnat digne de ce nom, il faudrait que tout le monde à Tindouf se mette à taper dans le ballon rond, petits et grands, hommes et femmes… Donc ce que Lhaj Miloud aurait proposé, en fin stratège qu’il est, c’est simplement d’exiger de tout candidat à l’adhésion à la CAF, de se doter d’un certain nombre de stades dignes de ce nom et d’avoir un nombre minimum de licenciés… Allez, disons 50 000 ! Soit plus que le nombre de sahraouis éligibles, séquestrés dans les camps de Tindouf et aptes physiquement ! Avec, ne soyons pas misogynes, l’instauration d’un championnat féminin, comme preuve de la volonté agissante du candidat, de promouvoir le football du beau sexe… Il va de soi que les enfants ne devront en aucun cas être enrôlés dans des milices mais être scolarisés, et si possible, dans des structures sport-études… Dès que le Polisario se serait conformé à ces règles de bon sens, la CAF s’empresserait d’examiner sa candidature avec toute la bienveillance requise… C’est-à-dire dans cinquante ans au minimum… En attendant, il aura à sa disposition une feuille de route structurante qui l’occupera pendant quelques décennies, et canalisera son énergie vers un combat autrement plus valorisant que celui qui consiste à jouer les guérilleros d’opérette ! Et comme il n’y aurait, par la force des choses, plus grand monde pour aller se faire canarder par les drones marocains à proximité du « mur de la honte », le combat cessera inéluctablement faute de combattants !







