Les agréments de la copropriété : La résidence…

La copropriété, c’est bien… A condition d’en sortir… J’en ai fait la triste expérience comme la plupart d’entre vous, certainement ! J’avais acheté un coquet deux pièces salon, dans un quartier plutôt bien côté, dans les années quatre-vingt… Au prix d’un lourd crédit qui devait m’amputer de près de 50% de mes maigres revenus pendant 25 ans… Mais quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas ? Un appartement pas trop chic sans pour autant être « populaire ». Pas trop grand sans non plus être une cage à lapin… C’était en 1987… Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… Voire même les moins de trente et quarante ans… Un temps où l’accès à la propriété était possible sans forcément être obligé de s’exiler dans des banlieues peuplées de populations pas encore totalement « pacifiées »… Où délinquance et islamisme se côtoient… Où il ne fait pas bon circuler la nuit… Voire même le jour pour les femmes non voilées… Un temps où l’État subventionnait les citoyens par des aides directes au logement… Où de hideux ensembles immobiliers dits sociaux ne défiguraient pas encore les entrées de nos villes… Un temps, enfin, où les promoteurs vendaient les logements à l’unité et non pas au mètre carré, en vous comptant aussi le garage dans la superficie totale…

Bref, j’étais le plus heureux des propriétaires dans mon nouveau cocon douillet… Avant que les choses ne commencent à dégénérer ! Je dois préciser que la résidence comptait 17 immeubles avec de beaux et spacieux ascenseurs, et disposait d’un beau jardin intérieur qui n’était pas sans lui conférer un charme indéniable…Chaque immeuble comptait 6 étages avec 4 appartements par étage, rez-de-chaussée y compris… Je vous laisse faire le compte ! Ce détail ne m’avait guère interpellé au départ, au vu de la notoriété du promoteur, une filiale immobilière d’un grand groupe national, qui s’engageait à assurer l’entretien pendant un an, et de la qualité des résidents, tous fonctionnaires, commerçants ou professions libérales, disposant souvent de deux voitures par foyer… Bref, des représentants d’une classe petite bourgeoise qui, je n’en doutais pas, sauraient faire preuve de civisme en respectant leur voisinage et, en tout premier lieu, en s’acquittant scrupuleusement de leurs charges de copropriété… J’allais vite déchanter !

Première surprise et de taille, deux ans après la commercialisation de l’ensemble du programme, le promoteur allait mettre main basse sur le jardin intérieur, censé servir de parc de jeu pour enfants… Aux quelques copropriétaires qui osèrent aller demander des explications, il fut répondu, avec dédain, qu’ils n’avaient qu’à mieux lire le règlement de copropriété et que le terrain en question relevait de la propriété dudit promoteur et ne faisait donc pas partie des parties communes, lesquelles se résumaient donc, pour notre plus grand bonheur, aux cages d’escaliers et à la terrasse… On dit merci, qui ?

Oups, pardon… Même pas ! La terrasse était inaccessible parce que, toujours selon les représentants du promoteur, il ne seyait guère au standing de la résidence de voir des habits sécher sur les terrasses des immeubles comme dans de vulgaires bâtisses de banlieue… Dont acte ! Il vaut mieux effectivement les faire pendre aux fenêtres, transformant vite la résidence en une sorte d’ensemble immobilier « économique », à l’aspect de moins en moins engageant !

Ledit jardin allait rapidement être vendu à une dame, bien introduite, qui en couvrait la moitié et en fit une extension à la garderie qu’elle avait ouverte dans la résidence… Une garderie formée de deux appartements fusionnés, et qui, il est vrai, allait s’avérer d’une grande utilité pour le voisinage, les résidents y déposant leurs enfants en vitesse le matin avant d’aller vaquer à leurs occupations professionnelles…

Dix ans plus tard, la résidence n’était plus que l’ombre d’elle-même… La peinture séduisante du départ s’était bien défraîchie, la plupart des ascenseurs étaient en panne faute d’entretien et l’électricité avait même été coupée dans plusieurs immeubles… Le syndic, qui avait courageusement pris la relève du promoteur, et les quelques bénévoles qui l’assistaient, avaient fini par jeter l’éponge, la plupart des charges n’étant pas réglées à temps et même les concierges n’étaient plus payés qu’une fois sur deux… C’est alors que j’ai pris la décision ferme et irrévocable de vendre mon appartement en jurant mes grands Dieux de ne plus jamais acheter dans un grand ensemble résidentiel ! En espérant que je n’y laisserai pas trop de plumes… Et que je trouverais rapidement une « victime » ! (A suivre).

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