Les Marocains ont bien dormi. Et au petit matin, ils se sont réveillés le sourire aux lèvres, le cœur léger, encore bercés par l’écho d’une nuit de football et de fierté nationale. Et pour cause…
Ahmed Zoubaïr
Dans la soirée du mercredi 14 janvier, au stade Moulay Abdallah, à Rabat, les Lions de l’Atlas ont offert au pays une victoire au goût particulier. Au terme d’un duel haletant face aux Super Eagles du Nigeria, c’est la séance des tirs au but qui a scellé le destin du match, faisant chavirer tout un peuple. Une qualification arrachée avec courage, sang-froid et cette rage de vaincre qui distingue les grandes équipes. Comme si le calendrier avait décidé de célébrer le Maroc en grand, cette victoire est tombée le jour du Nouvel An amazigh. Une double fête donc, sportive et identitaire, où l’histoire, la culture et le football se sont donné rendez-vous. Entre youyous, klaxons et drapeaux brandis, le pays a vibré à l’unisson, conscient de vivre un moment unique. Face au Nigeria, les supporters marocains ont retrouvé ce qui avait fait la magie de la Coupe du monde au Qatar. Ces Lions de l’Atlas solidaires, disciplinés, combatifs, capables de souffrir ensemble en ne lâchant rien. Les mêmes qui avaient subjugué le monde en faisant tomber de grandes nations du football, l’Espagne puis le Portugal, pour s’inviter parmi les demi-finalistes et entrer dans l’histoire.
Mercredi soir, cet esprit a pleinement refait surface sur la pelouse. Solides en défense, fluides dans le jeu et entreprenants en attaque, malgré quelques occasions manquées, les Lions de l’Atlas ont livré leur prestation la plus aboutie depuis le début de la CAN, surprenant des Super Eagles souvent pris au dépourvu.
Et lorsque le destin du match s’est joué aux tirs au but, un homme s’est encore dressé comme un rempart infranchissable: Yassine Bono. Impérial, concentré, habité par l’enjeu, le gardien a sorti deux penalties décisifs, faisant basculer la rencontre et libérant tout un peuple.
Comme au Qatar, il a incarné ce sang-froid et cette confiance qui transforment une équipe en légende. Ce soir-là, les Lions de l’Atlas n’ont pas seulement gagné un match: ils ont rappelé à l’Afrique et au monde qu’ils sont toujours là, fidèles à leur rendez-vous avec l’histoire.
Portés par une belle énergie collective, les Lions de l’Atlas filent désormais en finale qu’ils n’ont pas atteint depuis 2004. C’est dire le caractère historique de l’exploit salué par la presse internationale. Dimanche 18 janvier, ils iront défier d’autres Lions, ceux de la Teranga sénégalaise qualifiés au détriment de l’Egypte, pour une affiche au sommet. Une finale de rois du football africain, entre deux nations ambitieuses, deux écoles de jeu, deux peuples unis par la même passion.
Le rendez-vous est pris. Et tout un pays y croit.








