CAN 2025 : Le Maroc piégé par son inefficacité  offensive  

Walid Regragui, des choix discutables…

Jamil Manar

Le lendemain s’est levé  dans une bonne partie du Maroc sous un ciel bas et pluvieux, comme un écho fidèle à l’humeur du pays. Après la défaite des Lions de l’Atlas en finale de la CAN dimanche 18 janvier à Rabat face au Sénégal et le sacre une nouvelle fois manqué, la météo intérieure du peuple marocain n’est franchement pas au beau fixe. L’attente était immense, nourrie par des mois de promesses, d’espoirs ravivés et de certitudes martelées : cette fois, à domicile, ce serait la bonne. Elle ne l’a pas été.

Laissons de côté les explications savantes autour de la panenka manquée de Brahim Diaz, ce penalty raté qui a scellé le sort du Maroc. Mettons également entre parenthèses la sortie scandaleuse des joueurs sénégalais de la pelouse sur instruction de leur entraîneur — un geste calculé et savamment chronométré — ainsi que les procès en sorcellerie qui ont fleuri sur les réseaux sociaux. Tout cela relève de l’écume. L’essentiel est ailleurs.

Car sur le terrain, pendant plus de 120 minutes, les Lions de l’Atlas n’ont tout simplement pas su marquer. Et c’est là que réside le vrai problème. Les Lions de l’Atlas ont pourtant eu des occasions nettes, parfois franches, souvent suffisantes pour prendre l’avantage et plier le match dans le temps réglementaire. Mais une fois encore, la finition a fait défaut, transformant la domination en frustration.

Résultat : une désillusion de plus, lourde, persistante, presque familière. Et c’est précisément pour cela qu’elle fait mal. Car tout semblait réuni : l’avantage du terrain, de beaux stades, l’expérience, le public et la ferveur populaire. Il ne reste pourtant rien à célébrer, sinon une occasion manquée de plus à ajouter à la longue liste des rendez-vous loupés. 

À ce stade, pleurer ne sert à rien. Pas plus que se réfugier derrière des explications de circonstance ou des justifications confortables. Le moment n’est ni à l’émotion brute ni à la fuite en avant, mais à une lecture lucide et sans faux-semblants de ce qui n’a pas fonctionné dans le système de jeu de Walid Regragui Car le football, comme la vie publique, finit toujours par réclamer des comptes lorsque les promesses ne sont pas tenues.

Et si l’on veut comprendre ce qui n’a pas fonctionné, inutile de multiplier les détours. Le cœur du problème se situe d’abord et avant tout dans la ligne offensive et dans le choix de certains joueurs qui, tout au long de la compétition, n’ont strictement rien apporté à l’équipe. Ni buts, ni passes décisives, ni capacité à faire basculer un match.

À ce niveau d’exigence, l’inefficacité ne peut plus être maquillée par le discours ou l’intention. Une attaque qui ne marque pas condamne inévitablement ses ambitions, quelle que soit la solidité défensive ou la maîtrise du jeu. Or, malgré des occasions franches et des temps forts répétés, les Lions de l’Atlas ont avancé sans tranchant, comme désarmés au moment décisif.

Ce constat n’est ni conjoncturel ni émotionnel. Il est factuel. Et il renvoie directement aux choix opérés par le coach en amont, à la composition initiale comme à la gestion du banc. Quand certains profils en difficulté sont reconduits match après match, sans remise en question, l’échec cesse d’être une surprise pour devenir une conséquence logique.

Nous y reviendrons.

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