Le Maroc remet les pendules à l’heure…
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a annoncé ce jeudi 25 juin le retour définitif du Royaume au fuseau horaire GMT à l’issue de la saison estivale, tournant ainsi la page du régime du GMT+1 permanent instauré en 2018.
Concrètement, après plusieurs années passées à vivre avec une heure d’avance — hormis la parenthèse du mois de Ramadan où le pays retrouvait temporairement le GMT — les Marocains vont désormais renouer avec le fuseau horaire naturel du Royaume. Une décision qui met un terme à l’un des sujets les plus débattus de la vie quotidienne de ces dernières années.
Depuis son instauration sous le gouvernement islamiste, le GMT+1 n’a jamais cessé de susciter des controverses et des réactions indignées . Réveils difficiles en hiver, enfants contraints de partir à l’école avant le lever du soleil, désynchronisation du rythme biologique, fatigue chronique : les détracteurs de cette mesure dénonçaient depuis longtemps ses répercussions sur la santé, le sommeil, la concentration et l’organisation de la vie familiale.
Au fil des années, plusieurs pétitions et initiatives citoyennes se sont succédé. Leurs promoteurs, s’appuyant notamment sur l’article 15 de la Constitution relatif au droit de pétition, réclamaient un réexamen de cette mesure et son inscription dans le débat institutionnel. Mais en dépit de ces mobilisations répétées, les pouvoirs publics n’avaient jusqu’ici jamais manifesté la moindre volonté de revenir sur leur décision.
Huit ans après son instauration, le débat dépassait largement la simple question du changement d’heure. Une étude du cabinet Ach-Gal, fondée sur l’analyse de plus de 14 000 commentaires publiés sur les réseaux sociaux, révélait un malaise bien plus profond qu’une simple contestation technique. Derrière les critiques revenait une double fatigue : une fatigue physique, liée au sentiment de vivre en permanence en décalage avec le cycle naturel, mais aussi une fatigue civique. Année après année, les mêmes critiques, les mêmes pétitions et les mêmes campagnes numériques semblaient se heurter à un mur de silence, nourrissant chez de nombreux citoyens un sentiment de résignation, voire de cynisme.
Le GMT+1 était ainsi devenu le symbole d’un dialogue jugé défaillant entre les institutions et une partie de la société. Plus encore que le fuseau horaire lui-même, c’est l’absence persistante d’une explication officielle claire qui alimentait les frustrations. Aucun discours pédagogique, aucun récit cohérent ni communication institutionnelle n’étaient venus justifier durablement les raisons du maintien de cette heure avancée. Ce silence a laissé le champ libre aux interrogations, aux interprétations et parfois aux soupçons, au point que beaucoup y voyaient moins une absence de réponse qu’un véritable déni de leurs préoccupations quotidiennes.
L’annonce du retour au GMT referme ainsi une séquence difficile qui aura profondément marqué le quotidien de la population. Au-delà du simple réglage des horloges, elle met fin à une controverse devenue, au fil du temps, le révélateur des attentes citoyennes en matière d’écoute, de pédagogie et de dialogue avec les pouvoirs publics








