Le Maroc bat l’Écosse : Un petit but, de grandes questions 

Ismael Saibari en saveur des Lions de l’Atlas.

Après son nul prometteur face au Brésil (1-1), la sélection marocaine a décroché sa première victoire dans cette Coupe du monde en s’imposant vendredi 19 juin à Boston face à l’Écosse (1-0). Une nouvelle fois, Ismaël Saibari s’est illustré en trouvant le chemin des filets dès la première minute de jeu. Servi par Brahim Diaz sur le côté droit de la surface, il a envoyé une frappe puissante sous la barre d’Angus Gunn.

Déjà unique buteur lors du succès inaugural contre le Brésil, le milieu offensif confirme son excellente forme et s’impose comme l’homme providentiel de cette sélection.

Si cette victoire permet au Maroc de se placer en bonne position avant le dernier match de poule contre Haïti , elle laisse néanmoins un sentiment mitigé. Car au-delà des trois points, les Lions ont affiché les mêmes limites que lors de leur première sortie : une domination technique incontestable, mais une efficacité offensive toujours insuffisante.

Avec près de 60 % de possession de balle, douze tentatives dont seulement trois cadrées, les Marocains ont largement contrôlé la rencontre sans parvenir à se mettre définitivement à l’abri. Après une entame de match idéale et une trentaine  de minutes de très bonne facture, le rythme est retombé. Le bloc marocain a progressivement reculé, surtout en seconde période, laissant les Écossais reprendre confiance et exercer un pressing de plus en plus soutenu.

Cette incapacité à convertir les nombreuses occasions constitue aujourd’hui le principal point faible des hommes de Ouahbi . À ce niveau de compétition, une domination stérile ne suffit pas. Un adversaire plus réaliste pourrait rapidement faire payer très cher  ce manque de tranchant.

Les dernières minutes ont d’ailleurs donné quelques sueurs froides aux supporters marocains. En privilégiant parfois des relances courtes et des dribbles inutiles devant leur propre gardien plutôt que des dégagements simples et efficaces, les Lions se sont inutilement mis en difficulté. Face au pressing écossais, un but égalisateur aurait pu arriver…

En clair, le Maroc affiche une belle maîtrise collective, une organisation solide et une qualité technique indéniable. Mais pour espérer franchir les tours à élimination directe, il devra impérativement gagner en efficacité dans les trente derniers mètres et apprendre à « tuer » ses matches lorsqu’il en a véritablement l’occasion.

Car dans une Coupe du monde, la différence entre une équipe ambitieuse et une équipe capable d’aller loin réside souvent dans ce détail : transformer sa domination en victoires convaincantes plutôt qu’en petit succès étriqués et stressants… Au vu du manque d’efficacité affiché devant le but, une question s’impose naturellement : certains champions du monde U20 sous la férule du même Ouahbi n’auraient-ils pas mérité leur chance ? Des profils comme Othmane Maamma, capables de faire la différence dans les derniers mètres, auraient sans doute apporté davantage de percussion, de fraîcheur et d’instinct de buteur à une ligne offensive qui peine encore à concrétiser sa domination. Dans une compétition où le moindre détail peut faire basculer un match, leur absence pourrait finir par peser lourd…

Les plus lus
Traduire / Translate