Maduro extradé, le pétrole libéré: Un monde de brut!

Le président Maduro en prison à New York

Bienvenue dans le monde d’après où les présidents se jugent à Manhattan et les pipelines se tracent à coups de menottes.

Abdellah Chankou

Qu’on apprécie ou non Nicolás Maduro, qu’on le tienne pour un despote accroché à son trône tropical, responsable de la ruine du Venezuela ou pour un survivant d’un système anachronique, peu importe : ce qui vient de se produire dans la nuit du samedi 3 décembre dépasse l’entendement. Un président en exercice, kidnappé et extradé comme un vulgaire
malfrat , pour être jugé à des milliers de kilomètres de chez lui, à New York, s’il vous plaît, sur ordre du président américain Donald Trump. Ce n’est plus un scénario de film, c’est une série Netflix mal ficelée.
Mais rassurez-vous : ce rapt hors-normes qui a sidéré plus d’un a été commis au nom de la lutte contre le narcotrafic, version actualisée, parait-il, de l’aide au développement!

Mais ne soyons pas naïfs : ce n’est pas tous les jours qu’on capture un chef d’État pour la beauté du geste démocratique. L’enjeu est bien plus noble : le pétrole. Des millions de barils qui dorment paisiblement sous le sol vénézuélien, et qui, manifestement, ne demandaient qu’à être « libérés » par la bannière étoilée.

Donald Trump ne s’en cache d’ailleurs même pas : il a affirmé vouloir « diriger le Venezuela pendant la transition » et y installer les compagnies pétrolières américaines. Une déclaration qui ne choque que les naïfs , à mi-chemin entre l’impérialisme assumé et le remake d’un western géopolitique.

L’objectif n’est pas donc pas tant de juger un homme accusé des pires maux , mais de débloquer un pays. Non pas pour le bien-etre de sa population, mais pour ses ressources. Cette opération ressemble moins à un acte de justice qu’à une démonstration de puissance : un chef d’État mis hors-jeu pour ouvrir le marché aux enchères. Le tout sans guerre, sans débat, sans scrupule.

Le Venezuela sous le giron US, c’est désormais chose faite! Et avec une élégance toute impériale : sans ONU, sans mandat international, sans débat au congrès mais avec l’aval silencieux d’un monde résigné fort en rhétorique de la condamnation.

En un claquement de doigts, voilà donc qu’un président élu disparaît, exfiltré comme par magie sous les yeux d’un monde médusé. Trump, tel un prestidigitateur planétaire, transforme la justice internationale en tour de passe-passe géopolitique. Et pendant que les regards sont braqués sur le coup d’éclat, les vraies cartes — pétrole, influence, contrôle — glissent subtilement dans sa manche. Le spectacle est bluffant… mais le tour commence à fatiguer.

Dans quel monde vivons-nous ? Un monde où Donald Trump réécrit les règles et les impose au mépris du droit international qui cède de plus en plus la place à la diplomatie de la prédation. Un monde où la souveraineté devient une variable d’ajustement énergétique, où les chefs d’État tombent comme des dominos si leurs sous-sols intéressent les bonnes personnes.

Aujourd’hui Caracas, demain ? Nul ne le sait. Mais que les chefs d’État assis sur des gisements stratégiques dorment d’un œil : la justice à la sauce trumpienne a plus que jamais l’accent texan.

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