Le verdict est tombé : six mois de prison ferme pour Noureddine Médiane, figure centrale du Parti de l’Istiqlal, condamné pour diffamation envers sa collègue Rafiâa El Mansouri. Une affaire interne qui éclabousse l’image d’un parti qui découvre que la fraternité militante a parfois ses limites.
Le feuilleton politico-judiciaire de l’année vient peut-être de connaître son rebondissement le plus croustillant. Le mercredi 31 décembre, le tribunal de première instance de Targuist a condamné à six mois de prison ferme Noureddine Médiane, parlementaire influent et figure historique du Parti de l’Istiqlal, pour diffamation envers sa camarade de parti, Rafiâa El Mansouri. Une affaire de famille politique qui tourne au drame judiciaire.
Le scandale éclate en mars 2025, à la faveur de la fuite mystérieuse d’un audio, dont on ignore la date et les circonstances de l’enregistrement et qui a fait le tour des réseaux sociaux. Cette histoire a plongé le parti dans un immense embarras en ravivant des tensions internes, au point que certains anciens caciques du parti ont rompu leur silence et se sont rangés du côté de l’ex-députée, aujourd’hui vice-présidente de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
Dans cet enregistrement, des propos obscènes – attribués à Noureddine Moudiane – laissent entendre qu’il aurait « sauvé » sa collègue d’une situation de précarité, allant jusqu’à évoquer une relation intime qu’il aurait eue avec elle, et dont, selon ses mots, « tout le monde est au courant ». Des déclarations qui mêlent condescendance, atteinte à la dignité et violence morale. Il n’en fallait pas plus pour que la mise en cause porte l’affaire devant la justice pour «diffamation, propos injurieux, menaces, chantage, atteinte à la vie privée des personnes, abus de pouvoir et menace de diffusion de contenu compromettant»
Celui qui occupait au moment des faits le poste de chef de file du groupe parlementaire de « l’Unité et de l’Égalitarisme » (il sera contraint à la démission) espérait visiblement une issue plus douce, voire une relaxe, comme en rêvent parfois les vieux briscards de la politique. Las, le couperet est tombé et l’égalité semble s’être arrêtée aux portes du tribunal.
L’Istiqlal, visiblement pris de court, avait tenté d’éteindre l’incendie à coups de médiation. Mais entre égos, rancunes et déclarations mal placées, la conciliation a fait naufrage. Le jugement a donc surpris plus d’un istiqlalien, qui espéraient éviter le scandale judiciaire. Médiane, de son côté, a déjà annoncé qu’il allait faire appel, ce qui n’a pas surpris, tant l’affaire déborde du simple cadre juridique pour devenir une épine politique. Le parti de la Balance, lui, vacille une fois de plus, écartelé entre loyautés d’antan et exigences d’exemplarité. Reste à savoir si l’Istiqlal compte envoyer ses cadres en formation politique… ou en atelier d’écriture de dialogues de série. À ce rythme-là, Netflix risque de leur piquer les droits d’adaptation.








