Après deux ratages consécutifs en Coupe d’Afrique, le sort de Walid Regragui s’impose comme une question centrale pour le football marocain. Son parcours, se limitant jusqu’ici à des promesses et à une demi-finale prestigieuse en coupe du monde en 2022, reste paradoxal : à part ces deux performances, il n’a offert au Maroc aucun titre concret, alors que le pays disposait d’un vivier de talents tout en offrant des conditions idéales pour remporter la CAN disputée à domicile.
Difficile de ne pas évoquer le contraste frappant avec ses collègues. Mohamed Wahbi, le coach belgo-marocain des U20, et Tarik Sekitioui, à la tête des joueurs locaux, ont chacun su transformer leurs équipes en machines à succès, décrochant respectivement la Coupe du Monde U20 en 2025 au Chili et la Coupe Arabe la même année au Qatar. Là où les deux sélectionneurs, d’un tempérament réservé à l’inverse d’un Regragui un peu trop bavard sur les bords, ont su capitaliser sur le potentiel de leurs joueurs et imposer une vision gagnante, Regragui a accumulé les occasions manquées, souvent critiqué pour ses choix tactiques et sa gestion des talents offensifs.
Normalement, après ces deux CAN ratées, Regragui devrait déjà plier bagage et laisser la place à un autre entraîneur. Sauf s’il promet au Maroc… la Coupe du Monde 2026 ! Une promesse digne d’un magicien ou d’un voyant, tant la tâche paraît colossale. Entre-temps, les supporters peuvent se consoler en se disant qu’au moins, malgré les échecs continentaux, Regragui aura transformé chaque finale perdue en suspense haletant… et chaque penalty raté en affaire nationale, voire nationaliste…
Reste que la carrière de Regragui avec les Lions de l’Atlas pourrait fortement rester marquée par l’inachevé. Le football marocain, lui, continue d’attendre Godot alors que la patience des supporters s’épuise par une très longue attente…








