Saad Berrada à ses accusateurs : Moi, intègre? juré-craché sur mes bonbons!

Le ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports.

Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports Mohamed Saad Berrada éclaboussé par un marché dans le secteur du médicament ? Pas de panique : il avait démissionné de ses sociétés bien avant. Tout va très bien, madame la déontologie !

Accusé de conflit d’intérêts, notre ministre-éclairé du RNI n’a pas paniqué. Pour étouffer le scandale, il a exhibé comme un certificat de moralité ou un vaccin redoutable contre les soupçons les preuves administratives de ses nobles démissions consignées dans un démenti en date du 24 novembre relayé par la presse sans trop se poser de questions.

Mohamed Saad Berrada a bien quitté au lendemain de sa nomination au gouvernement en octobre 2024 la présidence de ses entreprises y compris celle mise en cause du nom de BIP Partners. Mieux : il a dûment notifié les membres des conseils d’administration. La probité incarnée. Mais il nous l’assure : il n’intervient pas, il observe de loin … depuis un balcon avec vue sur appels d’offres.

Car voilà, derrière cette mise en scène de vertu corporate, la vraie question demeure : est-ce que abandonner le volant empêche de contrôler la direction ? Les parts, les dividendes, les réseaux, les liens familiaux ou amicaux. Comme si, en politique, on pouvait se laver les mains avec une lettre de démission fut-elle enregistrée en bonne et due forme auprès des autorités.

Entre le vernis juridique et les pirouettes administratives, nombre de hauts responsables confondent clairement conflit d’intérêt avec intérêt bien compris. Ils démissionnent de la façade, mais gardent les clés de l’arrière-boutique.

Ainsi Mohamed Saad Berrada qui fabrique des bonbons sous la marque Michoc, possède-t-il aussi une entreprise dans le médicament et préside aux destinées de l’Éducation nationale! Une combinaison sucrée-amère qui interroge.

Entre bonbons pour enfants, pilules pour adultes et marchés pour copains, le système digère tout… sauf la transparence. Quant à l’école, elle sert désormais aussi à enseigner que démissionner d’un titre, ce n’est pas renoncer à l’influence. C’est juste une autre manière d’être… bien noté.

Finalement, on ne peut qu’admirer l’élégance avec laquelle certains transforment une question d’éthique en simple formalité administrative. Une “conformité” bien ficelée qui, à défaut d’effacer le soupçon, espère endormir l’opinion.

En matière de conflits d’intérêts, le gouvernement innove : désormais, il suffit de ne plus être officiellement président de ses entreprises pour ne plus être concerné en tant que ministre. Il fallait y penser ! Or, c’est un secret de polichinelle : au Maroc, le conflit d’intérêt n’est pas un délit. C’est un style de gouvernance, voire un patrimoine national.

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