À force de vouloir tout filtrer, contrôler, sécuriser jusqu’à l’excès, l’accès au stade Moulay Abdellah vire parfois à l’épreuve d’endurance. Y compris pour les invités de marque et les supporters VIP. Tous logés à la même enseigne, contraints à une longue marche.
Lors du match Maroc–Zambie lundi 29 décembre, le dispositif sécuritaire aux portes du stade Prince Moulay Abdellah a semé la confusion. Résultat : les supporters — y compris VIP — ont vécu une expérience d’accès assez tendue et désorganisée. Le dispositif sécuritaire, bien que nécessaire, a manqué de souplesse et de lisibilité.
En cause, une marche de près de 15 minutes imposée à tous les spectateurs. Le trajet : gare Hay Riad, pont piétonnier, puis longue file d’attente vers l’unique porte ouverte. Même les invités de marque n’y ont pas échappé. Dans le lot, l’ambassadrice de Chine à Rabat et son staff qui ont dû, comme tout le monde, subir ce parcours du combattant sans aucune dérogation. Ni traitement différencié, ni signalisation spécifique, ni navette dédiée : tout le monde, loges incluses,logés à la même enseigne ! Une scène impensable pour une telle catégorie d’invités.
Une fois ce périple terminé, les supporters ont enfin atteint la porte indiquée sur leur billet. Mais là encore, mauvaise surprise : tout ce beau monde s’est retrouvé bloqué devant un filtre de sécurité installé juste à l’entrée. Le dispositif, censé fluidifier, a au contraire provoqué un sérieux goulot d’étranglement. Retards dans l’ouverture des accès, contrôle lent, absence de file dédiée… Résultat : les gens s’agglutinaient, se poussaient, la tension montait. Bonjour la bousculade. Un scénario qui aurait pu être évité avec une meilleure coordination entre forces de l’ordre, stewards et responsables logistiques.
À force de vouloir tout contrôler avec une sécurité tatillonne et rigide, on finit par impacter négativement l’expérience supporter. Une bonne sécurité ne doit pas être seulement stricte, elle doit aussi être intelligente, fluide, anticipée — surtout dans le contexte d’un événement international où l’image du pays est en jeu.
Justement, dans des événements sportifs de même envergure ailleurs dans le monde, les flux sont pensés en amont et leur gestion est optimisée. Parcours balisés, avec personnel dédié, accès rapides et sécurisés, tout est fait pour éviter les croisements de foule. La sécurité ne rime pas avec rigidité mais avec efficacité.
À la fin du match, en revanche, tout s’est déroulé dans le calme. Les portes ont été largement ouvertes, la foule s’est dispersée sans encombre. Comme quoi, avec un bon dispositif, la fluidité est possible.
La CAN 2025 est un test grandeur nature et un match commence dès l’arrivée au stade.
Sécurité autour du stade Mohammed V
Riverains en prolongations…
À Casablanca, autour du stade Mohammed V, le scénario tourne carrément au cauchemar pour les riverains. Dès le matin, un immense périmètre de sécurité est mis en place, bloquant tout un quartier. Que le match soit programmé à 17 h ou 20 h, le dispositif est le même : démesuré.
Résultat : les habitants, pris en otage malgré eux, sont contraints de faire de longs détours pour sortir ou regagner leur domicile. Ce ballet imposé, plusieurs heures avant le coup d’envoi, rend la situation encore plus pénible. Ce n’est ni pratique, ni plaisant, surtout pour ceux qui n’ont rien à voir avec l’événement. À force de verrouiller tout, on finit par braquer ceux qu’on est censé protéger.
Cette sécurité anticipée, poussée à l’extrême, finit par générer une exaspération légitime. Quand la gestion sécuritaire d’un événement vient perturber le quotidien de citoyens dans leur propre quartier, il y a clairement un problème d’équilibre. La CAN doit être une fête, pas une source de frustration locale. À ce rythme-là, ce n’est plus la CAN…c’est la CAN’t passer !








