1936, les premiers congés payés des ouvriers français (3/10)

La fratrie de Léon Blum (1880) : ses racines hébreux font l’objet d’attaques racistes : « Je suis né Français, de parents français, et aussi loin qu’il est possible de remonter, ma famille est purement française. ». Son héritage culturel, à la fois français et hébreux, forge chez Léon Blum une sensibilité unique face aux injustices sociales, un héritage qu’il portera avec lui tout au long de sa vie et de son engagement politique.

2 semaines de congés payés aux travailleurs sont instaurées en 1936. Ces congés passeront, 20 plus tard, à 3 semaines en 1956 puis à 4 semaines en 1969 et à 5 semaines en 1982. En 1936, le gouvernement français était dirigé par le Parti Radical (PR), qui, avec 20 % des voix, dispose d’une majorité stable. Les Radicaux sont en effet constamment tiraillés entre la gauche, avec laquelle ils défendent la république laïque, et la droite libérale, avec laquelle ils partagent la même vision économique. Ce PR, est le parti centriste de la classe moyenne. À sa gauche, 2 partis ouvriers s’affrontent violemment depuis la scission du Parti Socialiste (PS) en deux ! Depuis lors, le Parti Communiste (PC), dirigé par Maurice Thorez, qui représente 8 % des voix, considère que pour instaurer le socialisme en France, il est nécessaire de faire la révolution en luttant classe contre classe et qu’aucune alliance n’est possible au sein d’une démocratie bourgeoise.

Le PS qui recueille 20 % des voix, est alors conduit à l’Assemblée par l’un des esprits les plus brillants du parti, Léon Blum. Selon lui, « on ne peut parvenir au socialisme sans préserver les formes de la démocratie. Or, la révolution bolchevique nous a appris que la démocratie n’est pas un pilier essentiel du mouvement révolutionnaire. À l’inverse, les droits républicains et patriotiques sont extrêmement puissants. ». A l’extrême droite, Charles Maurras, tente d’imposer ses idées racistes et antisémites. Selon lui, le suffrage universel a permis l’émergence des adversaires de la France qui sont les protestants, les francs-maçons et les métèques. En février 1934, tout bascule lorsque des manifestations dégénèrent en insurrections. Au point d’ébranler la République. Tout a commencé avec Stavisky, un Juif russe naturalisé mêlé à une affaire d’un élu du PR qui se serait suicidé avec deux balles dans la tête. Dénonciation d’une classe politique corrompue, antisémitisme, antiparlementarisme, ligues d’extrême droite : le mouvement se déchaîne et le gouvernement doit démissionner. Le dégoût est si puissant que des personnes de tous horizons, et pas seulement des figures de l’extrême droite, descendent dans la rue en décembre pour protester.

Le 6 février 1934, jour du vote d’investissement pour désigner le prochain chef du gouvernement, toutes les organisations d’anciens combattants et les ligues nationalistes décident de manifester aux abords de la Chambre des députés. Ce rassemblement dégénérera en mutinerie. Près de 800 policiers et 700 manifestants sont blessés. Débordée par les événements, la police tuera 18 émeutiers par balle. La place de la Concorde et une partie des Champs-Élysées sont dévastés. La peur d’un coup d’État fasciste se répand : et si la France connaissait le même sort que l’Allemagne d’Hitler, l’Italie de Mussolini ou l’Espagne de Franco?  

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