1936, les premiers congés payés des ouvriers français (8/10)

« Guernica », célèbre et énorme tableau de Picasso (3,49 mètres de hauteur sur 7,77 mètres de largeur – visible dans le musée de la reine Sofia à Madrid) remémorant la journée du 26 avril 1937, quand les avions nazis d’Hitler et fascistes de Mussolini, volent au secours de Franco, bombardent et détruisent Guernica, faisant des centaines de morts civils. Profondément choqué par ce massacre, Picasso exprime à travers cette immense toile « son horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l'Espagne dans un océan de douleur et de mort ».

Au moment même où le « Front Populaire » fêtait sa victoire en France, le général Franco lançait une offensive militaire pour faire tomber la jeune république espagnole, alors dirigée par une coalition de gauche qui portait le même nom qu’en France : « Frente Populare ». Les avions nazis d’Hitler et fascistes de Mussolini bombardent le petit village basque de Guernica en Espagne. L’Espagne est déchirée par une guerre civile meurtrière voulue par Franco. Ce conflit va fracturer immédiatement la majorité en France car Léon Blum doit trancher sur un éventuel soutien militaire aux Républicains espagnols. Il voit se dresser des obstacles qui allaient entraîner sa chute, puis celle du Front Populaire. Et quelques mois plus tard, Léon Blum va démissionner. Un dilemme accentué par les violentes oppositions au sein de sa majorité entre le parti radical qui refuse la guerre et les « Moscoutaires » du parti communiste qui prennent leurs ordres à Moscou et qui sont favorables à une intervention en Espagne. Finalement Léon Blum décide de ne pas s’engager dans un conflit militaire tout en livrant secrètement des armes à l’Espagne. Mais cette décision bouleverse de nombreux militants qui la vivent comme une trahison et notamment parmi les « Moscoutaires » qui feront le choix de combattre Franco avec le soutien de Moscou.  Ils seront ainsi plus de 40 000 jeunes dont dix milles français à s’engager au péril de leur vie contre Franco.

L’intervention des Nazis allemands et des Fascistes italiens aux portes de la France va obliger le gouvernement français à engager d’urgence le réarmement du pays. Et contrairement à ce que l’on croit souvent, c’est une part conséquente et bientôt majoritaire du budget de la France que le gouvernement du Front Populaire va consacrer à ce réarmement dès septembre 1936. En quelques mois à peine, les marges financières du Front Populaire sont fortement réduites pour préparer la future seconde guerre mondiale qui se profile à l’horizon. Une situation aggravée par une fuite massive de capitaux privés vers les banques suisses : les riches crient comme d’habitude « Courage ! Fuyons ! ». Cela rappelle certains milliardaires français haineux qui soufflent en 2026 sur la braise du racisme en France tout en étant fiscalement domiciliés en Belgique ! Leur amour de la patrie, ce n’est plus « touche pas à mon pote », mais plutôt « touche pas à mon flousse » ! (Cf. Canard Libéré numéros 836 à 845). La fuite des capitaux oblige le gouvernement de Léon Blum à une dévaluation du Franc français. Cette dévaluation vient annuler les augmentations des salaires obtenues par les ouvriers. Pire, Léon Blum est obligé, en février 1937, de décréter officiellement une pause dans les réformes sociales. Une décision qui repousse notamment l’instauration programmée d’un régime de retraite pour lequel se battent depuis des années de nombreux anciens salariés frappés par la pauvreté. Ces électeurs, comme tous ceux du Front Populaire, ressentent d’autant plus douloureusement ce coup d’arrêt qu’au même moment, les patrons français cherchent par tous les moyens à prendre leur revanche après leur échec du printemps 1936. 

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