Oui, je vais vous parler des ânes, aujourd’hui…Et pas de « 7achakoum », s’il vous plait, il n’y a rien de dégradant à évoquer ce noble animal ! Ne vous méprenez pas, ce n’est point le fait que la date des prochaines élections approche à grands pas qui m’a inspiré ce sujet ! Il est bel et bien question de nos amis quadrupèdes, les ânes, qui contrairement à ce que l’on croit, sont loin d’être… Des ânes ! L’âne est, bien au contraire, un animal doté d’un solide bon sens, qui comprend vite, et qui, une fois qu’il a assimilé une information, la mémorise à vie… Contrairement à la plupart de nos étudiants, soit dit en passant ! En tout cas, c’est le cas de l’âne corse qui vient de se faire reconnaître officiellement comme une race à part entière… La huitième recensée en France, et officiellement classée par les haras de l’Hexagone… On en apprend tous les jours, n’est-ce pas ? Il était temps, d’ailleurs, l’âne corse étant une espèce désormais menacée de disparition, puisque sa population n’est plus que de 1.000 à 2.000 individus, utilisés surtout pour la promenade, ou comme animal de compagnie. Vous avez bien lu, chez les mécréants, les « kouffars » dans le jargon islamiste, ce brave animal est considéré par beaucoup comme un membre de la famille, au même titre qu’un chat ou un chien… Et dire que sa population se situait autour des 20.000 têtes, il y a une cinquantaine d’années ! Que voulez-vous, le « progrès » technique est passé par là, et la machine a remplacé les hommes et les ânes, désormais logés à la même enseigne.
L’âne a toujours été un incompris, souffrant d’une rude concurrence avec la plus noble conquête de l’homme, le cheval… Une concurrence à la limite du loyal ! Dans tous les pays du monde, il a été et reste souvent décrié, raillé, maltraité ! Et pourtant que de services n’a-t-il pas rendu à l’homme, depuis la nuit des temps… Sobre, résistant et dur à la tâche, il n’a que des qualités, qu’il cache parfois malicieusement sous un tempérament intraitable ! Oui, mes amis, l’âne a son caractère, il ne faut pas le nier, et quand il dit non, c’est non ! Lorsqu’il refuse d’obtempérer, c’est d’ailleurs souvent parce qu’il a ses raisons, l’animal ! Souvent fondées et basées sur son instinct inné, et un sixième sens qui nous échappe, nous autres, pauvres humains, si prompts à porter des jugements à l’emporte-pièce, et à coller à la va-vite des étiquettes blessantes tant aux hommes qu’aux animaux. L’âne corse a donc définitivement gagné ses titres de noblesse ! Et le nôtre ? Quid donc de nos ânes ? Ce ne sont pas ces équidés à grandes oreilles qui manquent au Maroc… On les trouve même partout, dans les villes comme dans les campagnes… Et certains tiennent même le haut du pavé… Comment ? Vous en connaissez même dans votre proche entourage ? Dont acte ! Entre les Marocains et l’âne, c’est même une histoire millénaire de vie commune. Ainsi, Wikipédia -qui sait tout sur tout- nous apprend que le Maroc serait même le premier pays au monde à avoir domestiqué, dans les années 4.000 avant Jésus Christ, cette bête pas bête du tout, qui vivait libre et heureuse… A l’état prétendument sauvage, donc !
Jusqu’en 2007, l’âne marocain était d’ailleurs encore un digne ambassadeur du Royaume à l’étranger puisqu’il s’exportait fort bien en Europe, particulièrement en France et en Espagne, nos anciens protecteurs… Espérons que c’était davantage pour ses talents de reproducteur que pour le goût de sa chair ! Hélas, cette belle époque est désormais définitivement révolue, et le triste état dans lequel se trouve notre cheptel national pourrait justifier une action d’ONG internationales en charge de la défense des animaux… Encore que leur nombre reste considérable, surtout si on le compare au maigre cheptel corse, par exemple, puisqu’il s’élève encore à près d’1 million de têtes… 1 million, ça fait rêver, non ? Avec autant de voix, ils pourraient même constituer une minorité très visible qui, si elle pouvait voter, pourrait aisément faire basculer les résultats de bien des élections !